Cela fait maintenant plus de cinquante ans que la Volkswagen Golf figure parmi les piliers de l’industrie automobile en Europe. Au fil des générations, elle a fait preuve de polyvalence et de fiabilité, tout en se conformant aux évolutions technologiques et attentes des automobilistes. Mais alors que l’électrification devient incontournable, son passage au tout électrique se fait languir. Censée être la figure de proue de la transition vers l’électrique de Volkswagen, la future Golf électrique a vu son calendrier de lancement reporté à plusieurs reprises. En voici les principales raisons.
Une plateforme qui ne sera pas prête avant 2028
Le principal obstacle au lancement de la Golf électrique reste sa base technique. Volkswagen travaille depuis plusieurs années sur la conception d’une nouvelle plateforme baptisée SSP (Scalable Systems Platform).
Cette architecture est supposée incarner l’avenir du groupe, en offrant à l’ensemble de ses modèles électriques une base commune. Grâce à celle-ci, les véhicules pourraient bénéficier d’un temps de recharge ultra-rapide, permettant de passer de 10 à 80 % en douze minutes seulement, et, à terme, de la conduite autonome de niveau 4.
Cependant, si cette plateforme devait initialement arriver en 2026, elle ne pointerait pas le bout de son nez avant 2028. Et pour cause, la filiale logicielle Cariad, chargée du développement numérique, rencontre des difficultés. Déjà responsable de retards sur d’autres projets du groupe, comme ceux des Audi Q6 e-tron et Porsche Macan EV, elle continue de ralentir l’élaboration de cette base technique stratégique.
Finalement, la Golf électrique, qui devait inaugurer cette plateforme, ne pourra pas être produite avant que la SSP soit pleinement opérationnelle. L’attente sera donc un peu plus longue pour les fidèles de la Golf, contraints de patienter jusqu’à la fin de la décennie.
Des investissements lourds qui freinent la production
En plus des retards techniques, l’état financier de Volkswagen ne lui est pas très favorable. Après une année 2024 particulièrement difficile, marquée par des ventes de voitures électriques en berne et une perte de compétitivité face à ses concurrents, le constructeur allemand a dû prendre des décisions drastiques, comme supprimer 35 000 emplois.
Le site historique de Wolfsburg, noyau de la production de la Golf depuis toujours, devait être rénové afin de permettre la fabrication des modèles électriques. Mais la marque ne dispose pas de moyens suffisants pour financer cette transformation, évaluée à plusieurs milliards d’euros. La mise à niveau des lignes de production est alors différée, et la Golf électrique ne peut pas y être assemblée dans l’immédiat.
Par ailleurs, Volkswagen ne peut pas produire en même temps l’actuelle Golf thermique et la future version électrique sur la même ligne, sachant que les technologies de production sont inadaptées. Le constructeur avait évoqué l’idée de transférer la production de la Golf thermique au Mexique, à Puebla, pour libérer de l’espace en Allemagne. Ce déménagement aurait permis d’économiser jusqu’à 4 milliards d’euros par an, mais lui aussi est retardé.
La marque se retrouve donc dans une situation délicate, car il doit absolument investir pour se moderniser et rester compétitif. Toutefois, ses finances actuelles l’obligent à repousser ces investissements.
Une concurrence chinoise qui prend de l’avance
Ces reports successifs représentent une grande opportunité pour les constructeurs chinois. En première ligne, BYD, désormais leader mondial du véhicule électrique, commence à conquérir le marché européen et à trouver sa place. Grâce à des modèles abordables, produits localement, il séduit de plus en plus d’automobilistes européens.
Face à cette offensive, Volkswagen tente tant bien que mal de réagir. Dans cette optique, le groupe compte lancer plusieurs modèles électriques à bas prix dès 2026, avec un tarif démarrant autour de 25 000 euros, produits au Portugal et en Espagne. Néanmoins, ces projets dépendent grandement de la viabilité financière du constructeur et de la disponibilité des nouvelles plateformes.
Pour Volkswagen, le défi est de taille. La Golf reste un modèle mythique qui mérite une durée de vie prolongée grâce à une variante électrique. Mais son avenir électrique sera plus tardif, complexe et aléatoire que prévu. Ce retard pourrait coûter très cher à Volkswagen. Mais espérons que l’ID.Golf verra tout de même le jour, malgré toutes ces difficultés.
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