Le géant automobile Stellantis voit l’un de ses projets en France perturbé par une affaire judiciaire inattendue. Alors que le groupe s’apprête à commercialiser la petite citadine électrique T03, sous la marque Leapmotor, une plainte a été déposée par Didier Sirgue, directeur général de SN Diffusion et d’EVE (Espace Véhicules Électriques), ancien importateur exclusif de la T03 en France. Cette action en justice soulève des interrogations sur la gestion du partenariat entre l’importateur et le constructeur chinois Leapmotor, et pourrait compliquer la stratégie de Stellantis en Europe.
Un contrat résilié sans préavis
L’origine de ce différend remonte au 1ᵉʳ mai 2024, lorsque Didier Sirgue a reçu une notification de résiliation immédiate de son contrat d’importation. Celui-ci avait pourtant été signé en février 2021 et devait courir jusqu’au 15 janvier 2025. Dans une lettre ouverte, Sirgue dénonce la brutalité de cette décision, affirmant qu’aucune explication préalable ne lui avait été fournie. Il souligne qu’il était le premier et le seul importateur officiel de la marque en Europe depuis plus de trois ans.

Ce coup de théâtre intervient à un moment où Stellantis prépare activement le lancement en France des modèles de Leapmotor, notamment la microcitadine électrique T03 et le SUV C10, en s’appuyant sur son vaste réseau de concessionnaires. La T03, qui sera proposée au prix attractif de 18 900 €, devait marquer une nouvelle étape dans l’expansion des véhicules électriques accessibles.
Stellantis et Leapmotor : une alliance qui suscite des tensions
Le contexte entourant cette résiliation révèle des frictions internes liées à l’entrée de Stellantis dans le capital de Leapmotor. En octobre 2023, Stellantis avait acquis 21 % des parts du constructeur chinois, marquant ainsi le début d’une coopération étroite pour accélérer la présence de Leapmotor en Europe. Quelques mois plus tard, Leapmotor International, une nouvelle entité détenue à 51 % par Stellantis et à 49 % par Leapmotor, est créée pour piloter la commercialisation des véhicules hors de Chine.

Cependant, selon Didier Sirgue, c’est précisément à partir de cette acquisition que les relations entre lui et Leapmotor ont commencé à se détériorer. L’importateur, qui avait déjà mis en place un réseau de distribution pour la T03, se retrouve soudainement écarté sans explication ni compensation, un coup dur pour son activité.
Une procédure judiciaire à suivre de près
Face à cette situation, Didier Sirgue a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux, espérant obtenir justice et faire respecter les termes de son contrat. À ce jour, aucune réponse n’a été donnée ni par Stellantis ni par Leapmotor concernant cette résiliation, laissant planer une incertitude sur l’issue de ce conflit.
Malgré cela, Stellantis ne semble pas freiné dans sa stratégie de lancement. L’entreprise prévoit de capitaliser sur sa puissance de distribution pour promouvoir les deux modèles de Leapmotor en France, en particulier la T03, qui pourrait devenir un atout majeur sur le segment des citadines électriques abordables.

Cette affaire pose des questions sur la gestion des partenariats commerciaux dans un secteur automobile en pleine mutation, où alliances stratégiques et ruptures brutales semblent parfois aller de pair. La plainte de Didier Sirgue met en lumière les tensions qui peuvent naître lorsqu’un géant comme Stellantis entre dans la danse, bouleversant les équilibres existants. Il reste à voir si cette procédure judiciaire ralentira ou non l’essor de Leapmotor en France. Quoi qu’il en soit, Stellantis semble déterminé à aller de l’avant avec ses nouveaux modèles électriques, malgré ce litige en cours.
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