Elle a lancé la tendance des voitures électriques destinées au grand public, mais se retrouve aujourd’hui battue à son propre jeu. Tesla connaît une période de crise depuis le début de l’année avec des chiffres catastrophiques aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. Alors, comment expliquer cette perte de popularité de la marque d’Elon Musk ? La réponse pourrait vous surprendre, mais paraît en réalité tout à fait logique.
Depuis le début de l’année, les ventes de Tesla chutent
Ça y est, les chiffres officiels sont tombés, Tesla n’est plus la marque de voitures électriques de référence. Depuis le début de l’année, elle n’a écoulé que 831 000 véhicules aux États-Unis contre 889 000 à la même période sur l’exercice 2023. Cela correspond à une baisse vertigineuse de 7 % pour le géant américain.
La chute est encore plus sévère sur le Vieux Continent avec un recul marqué de 13 % par rapport à l’exercice précédent. Dans une infographie publiée sur son site web, Tesla révèle le détail et surtout l’étendue de cette perte de vitesse surprenante. Le premier trimestre indiquait déjà un recul marqué face à la concurrence. La marque n’a en effet écoulé que 386 810 véhicules contre 422 875 l’année précédente.
C’est cependant à partir du mois d’avril que les choses ont commencé à se compliquer. La firme d’Elon Musk a vu ses bénéfices fondre de 45 % sur cette période pour 1,48 milliard contre 2,7 milliards. Elle n’aurait en effet livré que 443 956 véhicules sur cette période contre 466 140 en 2023.
En revanche, sachez que la marque a réussi à sauver les meubles grâce à ses activités de stockage d’énergie. Celles-ci lui ont permis de faire progresser son chiffre d’affaires de 2 % grâce, notamment, aux crédits carbone rachetés par les constructeurs automobiles qui n’ont pas atteint les objectifs en matière d’émission de CO2.
Une gamme vieillissante, une concurrence toujours plus féroce et un manque de modèles abordables
La chute de Tesla peut surprendre les fans de la marque. Elle est tout à fait logique, voire prévisible. Tesla a en effet déclaré une guerre qu’elle n’a pas su mener à son terme. Face à son succès colossal sur le segment de l’électrique et surtout l’urgence imposée par les gouvernements dans la transition écologique, les constructeurs ont tous revu leur stratégie.
Ils ont massivement investi dans l’électrique et mené des campagnes de promotion très agressives. Renault, par exemple, a annoncé vouloir casser les prix pour rendre l’électrique aussi abordable que le thermique. Peugeot lui a aussi emboîté le pas, tout comme Citroën. Même les marques Premium allemandes comme Volkswagen ont commencé à baisser leur tarif et proposer des entrées de gamme très abordables. Les opérateurs chinois ont aussi participé à la chute de Tesla en contournant notamment les sanctions européennes. Certains ont ouvert des usines en Europe tandis que d’autres comme MG ont juste cassé les prix avec des promotions spectaculaires.
L’autre raison qui explique la perte de vitesse de Tesla, c’est sa gamme vieillissante. À ce jour, la deuxième génération du Model Y n’a toujours pas été présentée malgré les demandes répétées des consommateurs. Aujourd’hui, même si ses véhicules restent de bonne facture, force est de constater qu’ils ne font plus le poids face à la concurrence.
Les autres constructeurs proposent désormais mieux que Tesla, que ce soit en termes de performance ou de design. Ils ont aussi l’avantage technologique. Rappelons que Tesla n’a commencé à vendre des voitures qu’en 2008 tandis que d’autres marques le font depuis des décennies.
Enfin, la marque américaine est bloquée dans un segment moyen de gamme qui l’empêche d’étendre sa clientèle. Actuellement, Tesla ne propose aucun modèle abordable qui lui permettrait de mener l’offensive contre les Renault 5 E-Tech, Citroën ë-C3, MG 4, Renault Mégane E-Tech et autres Dacia Spring.
Et vous, que pensez-vous de la perte de vitesse de Tesla ?
Tesla dépassé ? Pas sur l’efficacité en tout cas, personne ne fait mieux actuellement…