Alors que le marché automobile oscille entre adoption et doutes autour de l’électrification, Seat choisit de temporiser. Contrairement à sa marque sœur Cupra, qui a fait de l’électrique son cheval de bataille, la firme espagnole n’envisage pas de lancer de modèle 100 % électrique avant la prochaine décennie. Un choix stratégique dicté par plusieurs facteurs, tant financiers que commerciaux.
Seat ne commercialise pas encore de voitures électriques mais …
Dès 2019, Seat affichait pourtant des ambitions dans l’électrification avec la présentation du concept El-Born, jumeau technique de la Volkswagen ID.3. Mais au lieu de concrétiser cette vision sous son propre nom, c’est Cupra qui a hérité du projet, donnant naissance à la Born. Depuis, Seat est resté en retrait, se contentant de prolonger la vie de ses modèles thermiques.

Cette stratégie a été confirmée par Wayne Griffiths, PDG de Seat et Cupra, qui a déclaré que la marque historique ne commercialisera pas de véhicule 100 % électrique avant 2030. La raison principale invoquée réside dans une rentabilité incertaine. Avec des ventes de modèles électriques encore marginales dans plusieurs marchés, le groupe préfère concentrer ses ressources sur Cupra, qui génère des marges plus importantes grâce à un positionnement plus haut de gamme.
Un avenir électrique conditionné par la rentabilité
Si Seat reste à l’écart pour l’instant, elle pourrait revenir dans la course à l’électrique à travers des modèles plus abordables. Le constructeur pourrait ainsi profiter de la plateforme MEB Small, développée par le groupe Volkswagen pour les futures ID.2 et ID.1. Toutefois, ces projets restent hypothétiques, Seat n’ayant pour l’heure annoncé aucun programme concret.

En attendant, la marque prolonge la vie de ses modèles thermiques. Les Seat Ibiza et Arona, lancées en 2017 et restylées en 2021, connaîtront une nouvelle mise à jour en 2025 pour poursuivre leur carrière au moins jusqu’en 2028. Cette stratégie permet à Seat de rester présent sur le marché sans prendre de risques financiers majeurs.
Entre opportunités manquées et repositionnement
Ce retard dans l’électrification n’est pas nouveau pour Seat. Depuis plus d’une décennie, la marque a exploré plusieurs pistes sans jamais les concrétiser. Dès 2010, elle présentait des prototypes comme la Seat IBe et la Seat Altea XL Electric Ecomotive, annonçant des ambitions précoces dans l’électromobilité. Mais les choix stratégiques du groupe Volkswagen ont finalement donné la priorité à d’autres marques, notamment Cupra, laissant Seat en retrait.

De ce fait, Seat a pris du retard sur l’autre marque d’entrée de gamme du groupe Volkswagen : Skoda. Le constructeur tchèque a déjà deux modèles électriques, l’Enyaq et l’Elroq et bientôt trois avec l’Epiq. Mais avec cette stratégie, Skoda est monté en gamme se rapprochant dangereusement de Volkswagen. Seat pourrait conserver un positionnement davantage accessible, surtout sur les marchés ne contraignant pas les ventes de voitures thermiques.
Avec une stratégie axée sur la prudence et la rentabilité, Seat se distingue des constructeurs qui ont misé pleinement sur l’électrique, parfois avec des difficultés. La marque espagnole semble donc attendre le bon moment pour entrer dans la course, quitte à accuser un retard par rapport à la concurrence. Reste à voir si cette patience sera payante à long terme.
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