Les ralentisseurs illégaux enfin visés par la justice

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Dans le village de Saint-Jean-le-Vieux (Ain) la justice a tranché : le ralentisseur illégal va devoir être détruit. Une victoire pour l’association « Pour une Mobilité Sereine et Durable » (PUMSD).

Dans le village de Saint-Jean-le-Vieux, dans l’Ain, l’affaire commence avec Christophe L. Passant sur un dos-d’âne à 30 km/h, sa voiture se trouve endommagée et les réparations pour la remettre en état vont lui coûter 2 500 €. Le maire de la commune est alors mis en demeure de détruire le ralentisseur illégal. Refusant, le maire fait appel. Mais le tribunal administratif de Lyon confirme la décision précédente. Le 11 février dernier, l’élu est donc condamné à détruire l’objet de la discorde, dans les 4 mois.

Toujours installés, les coussins berlinois sont interdits depuis 2009

Une grande victoire pour les associations comme « Pour une Mobilité Sereine et Durable ». Créée par Thierry Modolo-Dominati (dont est membre Christophe L.), elle milite notamment pour la suppression des ralentisseurs hors normes et des coussins berlinois (ces plaques de plastiques vulcanisées rouge foncé). Malgré leur interdiction depuis 2009, ces derniers continus d’être régulièrement installés. Ils sont particulièrement dangereux pour les deux-roues. Leur fixation au sol a tendance à faiblir avec le temps, les plaques de plastiques présentant alors des côtés saillants, alors que leur revêtement devient particulièrement glissant sous la pluie.

Bien que leur coût soit important, les dos-d’âne prolifèrent pourtant sur nos routes puisqu’ils sont environ 450 000. Mais une immense partie d’entre eux est construite hors des normes prévues par la loi, à savoir ne pas dépasser une hauteur de 10 cm et une longueur de 4 mètres. Ces dimensions sont prévues par le décret 94-447 et la norme NF 98-300 mises en avant par l’association PUMSD comme seul texte de loi encadrant.

Si cela est problématique, cette étrangeté vient du fait que nombre d’édiles, au moment de construire les ralentisseurs souhaités, se basent sur le guide « Coussins et Plateaux ». Cependant, ce document, autrefois appelé « Certu » et réalisé par le Centre d’Études et d’Expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement (CEREMA), n’est absolument pas reconnu par la loi. Thierry Modolo-Dominati indique qu’il est pourtant devenu, avec le temps « une sorte de bible pour les maires ».

Des nuisances pour les riverains

La décision de la justice à l’encontre de la commune de Saint-Jean-le-Vieux a de grandes chances de faire jurisprudence. Une bonne nouvelle pour l’état de nos autos, qui verront leurs amortisseurs, un peu, préservés mais aussi pour l’écologie. En effet, les dos-d’âne entraînent une surconsommation due au freinage à leur approche et à la réaccélération nécessaire après leur passage. De plus, les riverains font aussi souvent état de nuisances sonores et de vibrations importantes lorsqu’ils se trouvent installés à proximité des habitations, surtout lors de passages de bus et autres poids lourds.

Ces équipements sont bien évidemment indispensables à la sécurité routière et permettent de faire baisser la vitesse des véhicules en circulation. Mais leur utilisation ne doit pas être abusive et surtout, doit respecter les normes en vigueur. De plus, d’autres solutions existent, comme les chicanes ou le rétrécissement des voies où encore bien sûr, les contrôles effectués par les forces de l’ordre…

Publié par
Jean-Baptiste TRICHOT
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