Moto : La remontée de file interdite à partir du 1er février

Circulation inter-file

Le 1er février prochain, les remontées de fil pour les deux-roues motorisés lors des ralentissements ne sera plus autorisé. En cas de non-respect de la règle, vous risquez une amende de 135 € et le retrait de trois points sur votre permis de conduire.

Les remontés de files par les deux-roues motorisés étaient en phase de test depuis 2016. Expérimentées sur certaines routes d’Ile-de-France ainsi que dans les départements du Rhône, des Bouches-du-Rhône et de la Gironde, elle va s’achever le 31 janvier. À partir du ce lundi 1er février, il sera donc interdit pour les motos et scooters de remonter les files de voitures lors des forts ralentissements. En cas de non respect des règles, le risque est une amende de 135 € et un retrait de trois points sur le permis de conduire.

Une augmentation des accidents

Cette pratique est une spécificité française. Peu utilisée par les conducteurs de deux-roues motorisés dans les autres pays, voire pas du tout comme en Allemagne, elle avait été autorisée par le gouvernement seulement à titre expérimental. Malheureusement les études menées par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) n’ont pas mené aux conclusions espérées avec une augmentation des accidents sur les routes concernées. Le rapport indique ainsi : « les résultats d’accidentalité semblent indiquer une tendance à une légère hausse des accidents corporels liés à la circulation inter-files ou à la remontée inter-files, avec, en Gironde pour le réseau expérimental, un triplement des accidents corporels reliés à cette circulation spécifique des deux-roues ». Le nombre d’accidents des deux-roues motorisés a augmenté de 12 % sur les routes où la circulation inter-fil a été autorisée. Ceci est à mettre en parallèle avec la baisse de 10 % enregistrée sur les autres routes des départements concernés.

Encore un espoir ?

Mais tout espoir n’est pas perdu pour ceux roulant en moto ou en scooter. La déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Marie Gautier-Melleray souhaite en effet réaliser une deuxième étude. Celle-ci verrait ses règles adaptées afin de rendre la remontée inter-file plus sécurisante qu’elle ne l’ait actuellement. Si rien n’a été annoncé, on peut imaginer que les remontées de file pourraient se faire à allure contrôlée et réduite, et dans certaines conditions plus contraignantes qu’actuellement, par exemple avec des voitures à l’arrêt ou au ralenti.

Reste à voir si cette annonce sera suivie d’effet avec la publication d’un nouveau décret, à moins qu’elle ne reste lettre morte et ne serve qu’à désamorcer la grogne des conducteurs de motos et scooter évoluant régulièrement en milieu urbain.

Pour rappel, les usagers de deux-roues motorisés représentaient 23,1 % des décès en 2019 alors que leur part dans le trafic routier était de 2 %. À kilométrage parcouru identique, le risque de perdre la vie pour un conducteur de deux-roues est 22 fois plus élevé que pour les usagers de véhicules légers.

Publié par
Jean-Baptiste TRICHOT
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1 commentaire
  • Avant d’interdire totalement le remonter de file ,la tolérance était de ne pas dépasser le 50 km/h et ne pas confondre les accidents MOTO avec ceux des scooters,qui sont conduit par des automobilistes sans formation .