Pourquoi le bonus écologique 2024 pourrait favoriser les voitures électriques chinoises ?

MG 4 XPower

La course vers l’électrification du parc automobile prend une nouvelle tournure avec l’annonce du bonus écologique 2024, par le gouvernement français. Cette mesure constitue un défi direct lancé aux constructeurs asiatiques ! Mais, dans cet article, nous allons découvrir que les marques chinoises telles que BYD et MG ne sont pas prêtes à se laisser faire. Au contraire, elles déploient des stratégies audacieuses pour contrer la nouvelle réglementation, quitte à la rendre inutile.

 

Un bonus écologique plus strict et moins généreux en 2024

Jusqu’à récemment, tous les véhicules électriques étaient éligibles au bonus, sous réserve de certaines conditions telles qu’un prix de vente inférieur à 47 000 euros et un poids ne dépassant pas 2 400 kg. Cependant, la version 2024 du bonus écologique introduit un critère supplémentaire : un score environnemental minimum pour les véhicules neufs.

Ce score environnemental est déterminé par l’Agence de la Transition Écologique (ADEME) et prend en compte divers aspects du cycle de vie du véhicule comme la production des matériaux, l’assemblage et le transport jusqu’au site de distribution en Europe ou en France. Pour être éligible au bonus, un véhicule électrique doit désormais obtenir un score environnemental minimal de 60 points sur 80.

Cette exigence vise à promouvoir la vente de véhicules fabriqués en Europe et exclut les véhicules produits en dehors. L’objectif principal du bonus est donc de soutenir le Made in France en rendant leur compétitivité aux constructeurs français face à l’arrivée massive d’acteurs chinois tels que MG, BYD ou encore Leapmotor.

Mais cette nouvelle réglementation, qui est désormais de 4 000 euros, a des côtés négatifs. Dans un premier temps, les véhicules électriques d’occasion ne sont plus éligibles au nouveau bonus écologique. Ensuite et plus troublant, les professionnels du secteur ne sont plus, eux aussi, éligibles au bonus. Pourtant, ils représentent plus de 45 % des ventes de voitures électriques neuves en 2023.

BYD Atto 3

 

Même sans bonus, certaines voitures électriques chinoises sont plus avantageuses

Les constructeurs chinois ne sont pas restés les bras croisés face à cette attaque à peine voilée du gouvernement français. Les marques chinoises, comme BYD et MG, ont lancé une contre-attaque en proposant des remises importantes et en ajustant leurs tarifs pour maintenir leur compétitivité sur le marché français.

La stratégie de MG est particulièrement agressive avec des remises allant jusqu’à 7 000 euros sur l’ensemble de sa gamme électrique et hybride. Cette remise, qui était initialement de 4 000 euros, a été augmentée à 7 000 € jusqu’à la fin du mois de mars 2024. Par conséquent, le prix de départ de la MG 4, une compacte populaire, est désormais de 22 990 euros au lieu de 29 990 €. Cette nouvelle tarification permet à la MG 4 de rester en concurrence directe avec la Renault Mégane E-Tech.

De son côté, BYD, un autre constructeur chinois bien établi sur le marché européen, a également ajusté ses prix pour compenser la suppression du bonus écologique. Ainsi, le prix de l’Atto 3 a été réduit à 37 990 euros, plus de 6 000 € de réduction, et la marque chinoise ne s’arrête pas là. En effet, la finition haut de gamme Design est dorénavant disponible à partir de 39 990 euros. Clairement, ces baisses de tarifs visent à maintenir l’attrait des véhicules BYD sur le marché français, malgré les nouvelles conditions défavorables.

Enfin, la petite favorite des Français, la Dacia Spring, demeurera compétitive, car son ticket d’entrée vient de baisser à 18 400 euros, un rabais de 2 400 €. Une mauvaise nouvelle pour la Citroën ë-C3, sa rivale, qui sera désormais proposée à 19 300 euros avec le nouveau bonus écologique. Toutefois, la compétition sera rude puisque la ë-C3 propose une configuration plus solide, 113 ch avec une autonomie de 300 km, face au modeste 40 à 65 ch de la Spring et ses 230 km d’autonomie.

La réaction des constructeurs chinois montre leur volonté de rester compétitifs sur le marché européen malgré les obstacles réglementaires. Et, on peut se poser la question sur l’effet réel de la nouvelle version du bonus écologique concernant les véhicules électriques fabriqués hors Europe. Au contraire, n’aurait-il pas été préférable de soutenir l’effort d’électrification du parc automobile français ?

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Publié par

Jordane CLAUSS

Responsable de contenus

Je suis responsable de contenus automobiles chez Caroom depuis 2020. J’ai lancé la catégorie du Guide « Voiture propre », au moment où les ventes de véhicules électriques commencent à décoller en France et où les constructeurs accélèrent leurs investissements. Ce projet a structuré mon travail : rendre la voiture électrique plus simple à comprendre, et accompagner les acheteurs dans le choix, l’achat et l’utilisation de leur véhicule (conseils, astuces, comparatifs). Mon objectif est aussi de tenir les lecteurs informés de l’actualité (bonus, nouveaux modèles, prix de la recharge, tendances du marché). En savoir plus.

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Les commentaires

  1. Concernant MG les remises de 4000 à 7000 €
    Concernent des véhicules déjà immatriculées et de 2023.
    Cela ne concerne pas des véhicules Neufs.

  2. Quand la politique réglemente la loi du marché et les sciences environnementales, ça donne vraiment n’importe quoi. Les bonus/malus ne reposent sur aucunes sciences, les crit’air sont principalement fonction de l’âge du véhicule mais il n’y a pas de remises sur !e bon sens standard qui doit être de haute qualité, car trop souvent placé à la remise celui-ci. Avec toutes les aides d’État pour les entreprises, les prix fixés ne correspondent qu’à la propagande de l’industrie tels les salaires des élus au pouvoir.