Un nouvel acteur entend s’attaquer au marché européen de la recharge ultra-rapide, longtemps dominé par Tesla. Il s’agit de XPeng, constructeur chinois reconnu pour les performances de recharge de ses modèles électriques. Son ambition : déployer en Europe un réseau à très haute puissance capable de redéfinir les standards actuels.
Le pari du mégawatt
XPeng envisage l’installation de bornes délivrant jusqu’à 1 000 kW, soit un mégawatt. Une puissance encore inédite sur le Vieux Continent, mais déjà évoquée en Chine par BYD avec ses chargeurs dits « Megawatt ».
À titre de comparaison, la majorité des infrastructures rapides en Europe plafonnent aujourd’hui à 350 kW. Tesla déploie progressivement ses Superchargeurs V4, capables d’atteindre 500 kW, mais leur montée en puissance reste limitée et principalement concentrée aux États-Unis.

Du côté des opérateurs indépendants, Electra et Ionity préparent des stations pouvant grimper jusqu’à 600 kW grâce aux équipements Alpitronic HYC 1000. XPeng avait d’ailleurs démontré les capacités de son XPeng G6 sur ce type d’infrastructure en septembre dernier.
Anticiper la prochaine génération de véhicules
À ce stade, peu de voitures électriques commercialisées en Europe peuvent exploiter des puissances supérieures à 500 kW. Les XPeng G6 et XPeng G9 figurent parmi les modèles les plus performants, avec une capacité de charge culminant à 452 kW et un passage de 10 à 80 % annoncé en une douzaine de minutes. Mais le constructeur prépare déjà une nouvelle génération de véhicules capables de franchir le seuil des 500 kW, justifiant ainsi le déploiement d’infrastructures adaptées.

Des stations de 1 000 kW offriraient un avantage structurel : elles pourraient alimenter simultanément deux véhicules à 500 kW via une seule borne équipée de deux connecteurs, optimisant ainsi l’usage de la puissance disponible.
XPeng travaillerait également sur une architecture intégrant des batteries tampons au sein même des stations. Cette solution permettrait de lisser les appels de puissance sur le réseau, de réduire les coûts de raccordement et, potentiellement, de réinjecter de l’électricité lorsque la demande est faible.
Selon plusieurs sources spécialisées, ces implantations ne prendraient pas la forme de simples alignements de bornes, mais de véritables hubs capables d’accueillir jusqu’à quinze véhicules en charge simultanée. L’objectif affiché est clair : transformer ces sites en équivalents modernes de stations-service, ouverts à toutes les marques.
Les premiers déploiements pourraient intervenir en Europe du Nord, notamment en Norvège et au Danemark, des marchés particulièrement matures pour l’électrique. La France, carrefour stratégique des flux européens, ferait également partie des territoires prioritaires.
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