L’Alpine A110 la plus adaptée au circuit est aussi l’une des plus réussies sur route. Véritable démonstration de force pour la marque, l’A110 R a tout pour ravir les amateurs de conduite ! Découvrez-la en détail dans notre essai auto.
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Hormis peut-être les sportives Porsche, peu de modèles peuvent se targuer d’avoir autant de variantes que la berlinette française. A110, puis A110 S, version intermédiaire A110 GT et maintenant A110 R, voilà de quoi en perdre son latin ! Ce qu’il faut retenir, c’est que la dernière de cordée et aussi la plus radicale de la gamme, comme son nom l’indique. Alpine a décidé de mettre les petits plats dans les grands pour créer une version ultime de son coupé phare et cela se remarque dès que l’on détaille la plastique de la nouvelle venue.
Extérieur et design de l’Alpine A110 R
Il est en effet impossible de confondre l’A110 R avec toute autre Alpine. Cette dernière est plus basse de 10 mm à 20 mm qu’une A110 S selon le réglage choisi (elle-même déjà plus basse qu’une A110 classique) et a fait du carbone son cheval de bataille. Lame avant, capot arrière, aileron réglable et même jantes sont faits de la fibre tressée, de manière à sauver le plus de poids possible et d’optimiser l’aéro. C’est mission accomplie puisque la masse de seulement 1 082 kg est 34 kg inférieure à celle d’une A110 S, soit un gain sacrément important à ce niveau de poids. Avec les réglages optimaux, Alpine est parvenue à offrir la même traînée que l’A110 de base, tout en offrant 110 kg d’appui aérodynamique supplémentaire à l’arrière et 30 kg à l’avant. Et si l’on raisonne en termes purement esthétiques, jamais une Alpine récente n’avait été aussi méchante. Mettre une R a côté d’une A110 classique fait paraître la seconde bien frêle ! À moins d’être fan absolu des peintures mattes, on ne saurait en tout cas que trop vous conseiller de laisser le Bleu Racing de côté, histoire d’éviter d’alléger votre compte en banque de 6 000 euros supplémentaires.
Poste de conduite et habitabilité de l’Alpine A110 R
La châsse aux kilos superflus a également laissé des séquelles dans l’habitacle, bien dépouillé. C’est simple : sans opter pour l’option Pack de rangement à 550 € et qui propose un petit filet de retenu derrière le siège passager ainsi qu’une boîte à gant fixée au milieu de la paroi entre les sièges, il n’y a absolument aucun endroit où déposer des affaires à part les coffres avant et arrière (96 et 100 l de contenance respectivement) ! Mais il y a encore plus extrême : outre l’absence de rétroviseur intérieur, inutile avec le capot moteur en carbone, il n’y a même pas de ceintures de sécurité. Seuls les harnais sont homologués ! Les sièges performance de l’A110 S laissent ici place à des baquets intégraux (toujours fabriqués par Sabelt), qui ne sont qu’une coque de carbone avec quelques rembourrages en mousse, par ailleurs étonnamment confortables. Les ingénieurs sont même allés jusqu’à boulonner directement le baquet passager au plancher, histoire d’économiser le poids des glissières. Jusqu’au-boutiste, on vous dit !
Que vaut l’Alpine A110 R sur la route ? Essai en conduite
Les premiers tours de roues contrastent toutefois avec l’aspect spartiate de l’habitacle. Il y a certes quelques inconvénients, comme pour payer les parkings et péages ou ne serait-ce que fermer la portière une fois harnachée (la situation vire invariablement au comique), mais le confort prodigué par le châssis sur-mesure de l’Alpine A110 R est tout simplement bluffant. La française dispose en effet de combinés fabriqués spécialement pour elle à partir d’amortisseurs ZF Race Engineering et d’amortisseurs Eibach, l’ensemble faisant preuve d’une grande progressivité. Ainsi, les aspérités du bitume sont avalées avec brio, malgré des tarages pourtant plus fermes que l’A110 S. Mais à la rigidité et la sécheresse de la seconde, la première répond avec un amortissement conciliant tout en étant très rigoureux en virage. Le meilleur compromis possible ! En combinaison avec une direction très directe et consistante, il est enfantin de placer la voiture au millimètre pour manger les cordes et ressortir des courbes comme une balle. L’Alpine A110 R met totalement en confiance au volant, au point que le rythme adopté sur route est naturellement très élevé, même sans velléité de rouler couteau entre les dents. L’auto vire d’un bloc, se montre d’une réactivité sans faille, et le fait d’être fermement maintenu dans les baquets donne l’impression de faire totalement corps avec la voiture, qui devient une extension de son conducteur.
Côté mécanique rien de nouveau, puisque la R reprend à l’identique la mécanique de la S, à savoir le 4-cylindres 1.8 turbo de 300 ch et 340 Nm de couple. Impossible de proposer des chiffres plus ambitieux sans risquer de mettre à mal la fiabilité de la fragile boîte EDC à double embrayage et 7 rapports, déjà poussée dans ses retranchements. Mais point d’inquiétude, avec 3,9 s pour passer de 0 à 100 km/h, 290 km/h en pointe et des reprises dignes de voitures électriques haute performance, rien ne manque dans l’Alpine. La sonorité est même plus sympa que dans les autres déclinaisons de la dieppoise, avec un échappement sur-mesure qui sonne de façon assez rageuse et démonstrative pour impliquer la personne prenant son pied derrière le volant. S’il y avait un reproche tout de même, c’est côté ergonomie. Les palettes de la boîte de vitesses sont trop courtes et trop haut placées pour convenir à tous les conducteurs, ce qui fait que l’on peut tâtonner avant de les trouver lorsque le volant est braqué. Pas idéal dans le feu de l’action ! Mais le choix d’Alpine de conserver le petit satellite pour gérer le son et d’autres fonctions multimédia en dessous de la palette de droite impose que ces dernières soient écourtées.
Notes et avis sur l’essai de l’Alpine A110 R
| Catégorie | Note sur 5 | Avis Caroom |
|---|---|---|
| Esthétique | ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ | L’A110 R dispose d’une vraie présence grâce à ses appendices aéro qui la rendent bien plus agressive que l’A110. |
| Conduite | ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ | Carton plein pour la française qui marie à la perfection rigueur et plaisir de conduite. |
| Praticité | ⭐️⭐️ | Hormis une Caterham, difficile de faire moins pratique que l’habitacle de l’A110 R ! Heureusement que les deux coffres sont là pour remédier au manque de rangements à l’intérieur. |
| Rapport Qualité/Prix | ⭐️⭐️ | La facture est salée, d’autant qu’Alpine a récemment augmenté le tarif de 5 000 euros du jour au lendemain. |
Bilan de notre essai de l’Alpine A110 R
Sacrée voiture qu’est cette Alpine A110 R. Ultra-aboutie, finement développée et tenant ses promesses une fois au volant, c’est une vraie sportive comme il en existe de moins en moins sur le marché. Reste qu’Alpine ne brade pas du tout son superbe jouet, puisqu’il est affiché 110 000 euros sans compter un petit malus de 2 370 €. Il y a quelques semaines encore avant l’écriture de cet article, elle était proposée 105 000 euros ! C’est officiellement la faute au contexte inflationniste, même si dans les faits on peut aussi se poser la question si Alpine ne souhaitait pas surfer sur la vague des très bonnes critiques qui ont accueilli l’A110 R à sa sortie. La meilleure sportive française du moment (hors produits d’un autre univers comme les Bugatti, cela va de soi) se veut donc aussi assez élitiste.
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