Essai de l’Aston Martin DB11 : Anglaise germanique

Essai auto de l'Aston Martin DB11

Remplaçant une DB9 ayant tiré sa révérence après de longues années de carrière, l’Aston Martin DB11 fait le choix d’une personnalité riche et d’une certaine polyvalence. Découvrez notre essai auto de l’Aston Martin DB11.

La naissance de l’Aston Martin DB11 remonte à quelques années déjà, puisque c’est en 2016 qu’arrive cette nouvelle venue sur le marché, remplaçant alors directement la vieillissante DB9. Après plus de treize ans passés au catalogue, il était en effet tant pour cette mamie de prendre une retraite bien méritée. Mettant alors fin à une période assez longue sans aucune nouveauté, cette nouvelle arrivante fut officiellement dévoilée à l’occasion de salon de Genève, où elle attira tous les regards. Deux ans plus tard arriva la déclinaison Volante décapotable, alors que de nombreux teasers avaient déjà annoncés son lancement, forcément très attendu. Puisant son inspiration dans le design de modèles précédents et autres concepts, cette Aston Martin DB11 fut présentée seulement quelques mois après la sortie en salles du film de la saga James Bond, Spectre, dans lequel la DB10 joue les vedettes. Vous remarquerez d’ailleurs que notre modèle d’essai s’est particulièrement inspiré de cette dernière, tandis que l’auto de Daniel Craig n’aura jamais vu le jour dans une version de série, restant alors une éternelle icône du cinéma.

Une chose est sûre, ce coupé 2 +2 a de l’ambition, alors que son succès était crucial pour la marque, qui tournait au ralenti depuis un bon bout de temps et qui avait alors cruellement besoin de se relancer. Jouant sur plusieurs tableaux, en alliant le luxe, la sportivité et le confort, cette Aston Martin DB11 est une pure GT, conçue avant tout pour partir en long week-end sur les bords de mer. Mais la belle anglaise sait aussi montrer une facette bien différente de sa personnalité, en devenant alors une vraie sportive et opérant une véritable transformation une fois que le rythme devient plus soutenu. Sans pour autant pouvoir être qualifiée de vraie supercar, la DB11 est en fait une sorte de compromis parfait, entre le luxe et le raffinement à l’anglaise, tout en distillant un certain dynamisme qui n’est pas pour nous déplaire. De quoi faire craquer l’agent 007 ? Sans aucun doute, même si la sportive ne devait pas figurer au casting de Mourir peut attendre, dont la sortie ne cesse d’être repoussée en raison de l’épidémie de Coronavirus.

Nous avons donc eu la chance de prendre le volant de cette Aston Martin DB11 durant quelques jours, dans sa version d’entrée de gamme équipée du V8 4,0 litres d’origine AMG, revu et corrigé par les ingénieurs de la marque anglaise. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat s’avère à la hauteur des attentes !

Extérieur et design de l’Aston Martin DB11

On peut ne pas aimer Aston Martin, mais il faut bien avouer qu’avec cette DB11, il y a au moins une chose qui met tout le monde d’accord : c’est son style, tout simplement magnifique. La belle Anglaise affiche des lignes raffinées et élégantes, empreintes d’une touche de sobriété et de sportivité parfaitement dosée, à la fois tendues et douces. Une vraie réussite sur le plan stylistique, alors que ses traits s’inspirent directement de l’Aston Martin DB10, avec ses airs de supercars et son dessin très épuré. Mais ce n’est pas tout, car l’équipe en charge de son design, dirigée par Marek Reichman, a également puisé dans les lignes de la mythique One-77 et du concept DBX dévoilé quelques années plus tôt pour créer le coupé. À l’avant, l’ensemble est affirmé juste comme il faut, tandis que l’arrière affiche une certaine prestance, grâce aux ailes marquées et aux feux en forme de boomerang. De profil, la DB11 exhibe une silhouette effilée, grâce à son toit fuyant et ses porte-à-faux très courts, associés à un long capot. Dessinée dans le but d’être la plus aérodynamique possible, la GT s’est également équipée de poignées intégrées à la carrosserie, comme chez Tesla.

Affichant une longueur totale de 4,74 mètres, l’Anglaise originaire de Gaydon en impose vraiment, d’autant plus avec sa hauteur de seulement 1,28 mètre lui donnant des airs de supercars. Pas étonnant donc que tout le monde se retourne sur son passage et pas seulement pour le son de son échappement, présent sans être trop affirmé pour autant. Quoi qu’il en soit, les proportions de l’auto sont quasiment parfaites, tandis que sa silhouette est affûtée au possible. En résulte un coefficient de traînée très limité de seulement 0,3, optimisé grâce au petit aileron mobile, qui se déploie à partir de 160 km/h. Mais le plus impressionnant avec cette Aston Martin DB11, c’est probablement son configurateur, qui a de quoi nous donner un sérieux mal de tête. Outre les 35 teintes de carrosserie disponibles, qui peuvent s’associer à trois types de jantes, il est en effet également possible de choisir parmi les nombreuses couleurs conçues par la branche de personnalisation Q by Aston Martin. Les plus audacieux pourront alors opter pour le vert Kermit, tandis que nous avons de notre côté choisi le très sobre Midnight Blue.

Poste de conduite et habitabilité de l’Aston Martin DB11

Les passionnés le savent bien, s’installer à bord d’une Aston Martin, cela fait toujours un petit quelque chose et cette DB11 ne fait évidemment pas exception. Car en plus de changer radicalement par rapport à celui de la DB9, l’habitacle de la GT dégage un petit je-ne-sais-quoi qui transpire l’élégance et le raffinement à l’Anglaise, sans parler de la délicieuse odeur de cuir qui vient nous chatouiller les narines. C’est bien simple, ce matériau est omniprésent, que ce soit sur les sièges, bien sûr, mais aussi sur la planche de bord. Si notre version d’essai est habillée d’un marron très raffiné, mais qui ne conviendra peut-être pas à tout le monde, sachez qu’il est là encore tout à fait possible de choisir parmi une très longue liste de teintes, alors qu’une trentaine de couleurs s’avèrent disponibles au catalogue. Noir, blanc ou beige font partie du configurateur, de même que du bleu ou de l’orange. Bref, il y en a vraiment pour tous les goûts ! La touche sportive est quant à elle apportée par les inserts en fibres de carbone assez discrets sur la console centrale. Si l’ensemble est globalement très flatteur, celui-ci n’est néanmoins pas dénué de défauts, que ce soit en termes de rangements que de finition générale.

Rien de bien grave pour autant, mais quelques petits détails qui mériteraient d’être corrigés pour une expérience optimale. De son côté, le système d’info-divertissement d’origine Mercedes est plutôt clair dans la présentation, mais on regrette néanmoins que l’écran de huit pouces ne soit pas du tout tactile. Certes, la voiture a pris un peu d’âge depuis son lancement, mais quand même, à ce prix-là, on s’attend légèrement à plus de modernité et à des prestations plus haut de gamme. Mauvais point pour Aston ! D’autres détails nous chagrinent également un peu par rapport aux ambitions de la voiture, que ce soit les petits défauts d’assemblage ou encore l’absence de lumière dans le pare-soleil. Pas de quoi rebuter les clients, mais cela nuit néanmoins à l’image de l’auto. Bien sûr, lorsque l’on fait le choix d’un coupé 2 +2, l’habitabilité n’est pas vraiment notre critère principal. Et cette Aston Martin DB11 le prouve bien, puisque l’espace à l’arrière est plus qu’exigu, bien que le conducteur et son passager à l’avant soient quant à eux très bien installés. Il faudra néanmoins composer avec un coffre de seulement 270 litres, qui reste correct pour un week-end, mais pas plus.

Que vaut l’Aston Martin DB11 sur la route ? Essai en conduite

L’avantage avec la gamme de l’Aston Martin DB11, c’est qu’elle est très simple, puisque seulement deux versions s’avèrent disponibles, avec un V8 4,0 litres et un V12. Intégralement développé par la marque anglaise, celui-ci développe alors pas moins de 608 chevaux et 700 Nm de couple. De notre côté, nous avons cette fois-ci opté pour la version d’entrée de gamme équipée du V8, conçu par les équipes de Mercedes-AMG, dans le cadre du partenariat technique liant les deux constructeurs. Celui-ci développe alors la bagatelle de 510 chevaux et 675 Nm, ce qui reste plus qu’honorable, d’autant plus que cette déclinaison perd également 115 kilos sur la balance. Mais cela, c’est pour la théorie. Car dès que l’on pose le doigt sur le bouton de démarrage, la magie opère instantanément et la cavalerie se réveille dans un vrombissement rauque. Dès les premiers tours de roue, l’auto se montre étonnamment simple à prendre en main, même pour un néophyte peu habitué à ce genre d’auto. Car en réalité, seul le gabarit pourrait être difficile à appréhender au début, la sportive n’étant pas vraiment conçue pour les petites rues parisiennes. On appréciera néanmoins sa suspension adaptative, qui chouchoute notre dos sur les pavés de la capitale.

Par ailleurs, le diamètre de braquage se révèle quant à lui étonnent réduit, tandis que les manœuvres sont facilitées par la caméra à 360 °. Mais l’Aston Martin DB11, c’est avant tout une voiture faite pour rouler à vive allure sur autoroute. Car loin d’être une sportive radicale, l’Anglaise reste avant tout une routière dynamique, offrant d’excellentes prestations sur de longs trajets. Plus confortable qu’elle en a l’air, l’auto jouit d’un comportement exemplaire, grâce son excellent amortissement et à sa direction consistante juste comme il faut. Si l’insonorisation est globalement satisfaisante, les bruits de roulements restent assez présents tout de même, nuisant alors au confort général. De son côté, la boîte automatique ZF à huit rapports est très bonne aussi, offrant des passages de vitesses très doux, parfaits pour une conduite à vive allure sur l’autoroute de Normandie. Mais ne vous y méprenez pas, la sportive britannique ne démérite pas non plus sur des trajets plus sinueux, bien au contraire, et elle a su nous le prouver à maintes reprises durant notre essai, sur les routes vallonnées de la vallée de Chevreuse, en région parisienne.

Sur ce type de parcours, l’auto nous montre une tout autre facette de sa riche personnalité, devenant alors bien plus dynamique. Si ses quelque 1 705 kilos ne la transforment malheureusement pas en vraie ballerine, nuisant alors quelque peu à l’agilité de l’auto, celle-ci offre néanmoins des prestations plus que satisfaisantes, même à très haute vitesse. À condition d’activer le mode Sport, qui transforme alors radicalement la voiture, tout en rendant les aides à la conduite bien plus permissives. Le différentiel à glissement limité assure quant à lui une motricité optimale dans les courbes. Bien sûr, il ne sera pas utile de préciser que c’est avec les palettes au volant que la voiture s’appréciera le mieux et tant pis pour la consommation qui s’envole. De leur côté, les deux turbos permettent quant à eux d’atteindre un couple maximal dès 2 000 tr/min, assurant alors d’excellentes relances en sorties de virages. On regrettera néanmoins que les suspensions ne soient pas plus fermes en mode Sport, ce qui aurait alors permis de limiter les mouvements de caisse. Dommage, car dans l’ensemble, les prestations s’avèrent plutôt bonnes en conduite dynamique, malgré quelques petits défauts qui auraient pu être facilement corrigés.

Bon point cependant pour le freinage, mordant et très endurant, malgré le poids conséquent de la sportive, assurant alors sécurité et efficacité. Un embonpoint qui se répercutera très largement sur la consommation, qui a tendance à rapidement grimper. Mais si ce n’est sans doute pas le détail que l’on regarde le plus lorsque l’on achète ce type de véhicules. Néanmoins, il reste intéressant que l’on s’intéresse à la question tout à fait pragmatique. Sachez donc que l’auto promet une moyenne en cycle mixte affichée à 9,9 l/100 km, une donnée plutôt optimiste, mais dont on peut se rapprocher en adoptant une conduite très douce. Pas simple pourtant, et les chiffres auront alors tendance à vite grimper pour peu que l’on se lâche sur l’accélérateur. Par ailleurs, avec des émissions moyennes de 230 g/km, il faudra ajouter un malus de 30 000 euros à la facture finale. Cela fait mal, mais c’est ainsi.

Notes et avis sur l’essai de l’Aston Martin DB11

Catégorie
Note sur 5
Avis Caroom
Esthétique
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Rien n’a redire, cette auto est tout simplement superbe !
Conduite
⭐️⭐️⭐️⭐️
Avant tout faite pour cruiser, cette Aston Martin DB11 est également à l’aise lorsque le rythme devient plus soutenu
Praticité
⭐️⭐️⭐️
Si les passagers à l’arrière sont un peu à l’étroit, l’habitacle reste correct pour le conducteur, de même que le coffre
Rapport Qualité/Prix
⭐️⭐️⭐️
Si l’auto offre d’excellentes prestations, ses trop nombreux défauts de finition et son écran non tactile sont indignes de son prix.

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Bilan de notre essai de l’Aston Martin DB11

Performante et résolument élégante, cette Aston Martin DB11 a vraiment tout bon, perpétuant alors l’héritage de la marque britannique. Rêve ultime pour beaucoup, à la fois belle et efficace, la sportive pourrait être parfaite sans ses quelques petits défauts assez fâcheux pour une auto affichée à 187 000 euros. Mais quoi qu’il en soit, le comportement et les prestations routières sont à la hauteur des attentes, la routière de luxe se montrant alors aussi à l’aise sur de longs trajets que sur des parcours plus dynamiques. Autant dire qu’il ne fut pas aisé de rendre les clés de cette machine à rêve !

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Julie
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