Essai de la Porsche 718 Cayman S : le compromis idéal

Essai auto de la Porsche 718 Cayman S

En échangeant son six cylindres à plat contre un « quatre pattes », la Porsche 718 Cayman S avait alors fait preuve d’audace, au risque de se mettre à dos une partie de sa clientèle. Un pari finalement réussi pour la sportive ! Découvrez notre essai auto de la Porsche 718 Cayman S.

Si la révélation de la Porsche Cayman n’avait pas autant créé le scandale que celle du premier Porsche Cayenne diesel, celle-ci n’avait néanmoins pas forcément été plébiscitée par les fans de la marque. La sortie de cette nouvelle arrivante, située sous la Porsche 911 dans la gamme avait en effet suscité de fortes réactions de la part des « porschistes » convaincus, alors nombreux à crier au scandale et à l’hérésie, avec ce modèle plus accessible risquant alors de dénaturer l’esprit du constructeur. Autant dire que son arrivée n’était donc pas vue d’un très bon œil, et ce malgré la présence du six cylindres, reconduit sur la sportive. Cela n’aura pas suffi à calmer la grogne des passionnés, alors que les ventes restaient toujours très nettement en dessous de celles de sa grande sœur, plus prestigieuse et à l’histoire bien plus riche. Il n’empêche que Porsche décida tout de même de continuer l’aventure Cayman, en lançant une 2e génération en 2013, huit ans après l’arrivée de la première sur le marché.

Mais en 2016, le coupé fit à nouveau les gros titres, alors qu’il changea de nom pour adopter l’appellation 718, qui n’a pas été choisie au hasard, puisqu’elle rend alors hommage au modèle éponyme, lancé en 1957. Mais cette nouvelle identité n’est pas arrivée comme un cheveu sur la soupe, puisqu’elle coïncide avec l’arrêt du flat-six. Il était donc logique pour Porsche de rebaptiser sa sportive du nom d’une championne propulsée par un quatre cylindres, afin de mieux faire passer la pilule. Certains salueront le génie marketing, tandis que d’autres trouveront cela absurde. Toujours est-il que la sportive a continué son bonhomme de chemin, jusqu’en 2019, année durant laquelle fut lancée la GT4, signant alors le retour du six cylindres à plat, également intégré sous le capot de la GTS 4,0, présentée au début de l’année dernière. De notre côté, nous avons souhaité prendre le volant de la version intermédiaire, à savoir la Porsche Cayman S.

Arrivée dans la gamme en 2016, cette déclinaison se distingue alors entre autres par une petite montée en puissance par rapport à la Cayman standard, rivalisant ainsi frontalement avec les Nissan 370Z, Jaguar F-Type et autres Audi TTS.

Extérieur et design de la Porsche 718 Cayman S

Si le restylage de la Porsche Cayman remonte à 2016 déjà, l’auto ne semble pourtant pas avoir pris la moindre ride, ce qui lui confère évidemment un certain avantage par rapport à ses rivales, même plus récentes ou renouvelées il y a peu. Et pour cause, la sportive allemande demeure très belle malgré son âge et n’a rien à envier à la 911 en termes de style, avec ses lignes très harmonieuses. Si celles-ci restent évidemment moins mythiques de celles de sa grande sœur à la bouille de grenouille, cette 718 Cayman S se montre tout aussi désirable, sans pour autant devenir trop agressive. En effet, les courbes sont ici omniprésentes, ce qui a pour effet d’adoucir le visage de la sportive, sans qu’elle ne devienne passe-partout pour autant. Les larges prises d’air à l’avant viennent en effet rappeler le caractère de l’auto, tandis que les optiques semblent héritées de la Panamera. De profil, le coupé est très équilibré, faisant même penser à la 911 avec sa silhouette fuyante. Les écopes latérales viennent apporter une touche de dynamisme supplémentaire bienvenue.

À l’arrière, le dessin est quant à lui plus sobre et tout en courbe, que ce soit au niveau du toit comme des feux, reliés entre eux par une bande noire très tendance depuis plusieurs années. Un petit détail qui permet alors au coupé de rester dans l’air du temps malgré sa relative ancienneté. En bref, l’ensemble s’avère très plaisant à regarder, étant à la fois agressif et sobre, dans la lignée de ce que propose Porsche depuis de nombreuses années. Relativement petite, avec sa longueur de 4,38 mètres pour 1,28 mètre de haut, cette Cayman nous ferait alors presque penser à une adorable mini-911. Au chapitre de la personnalisation, Porsche n’a pas fait les choses à moitié, tandis que les clients ont le choix entre 16 teintes de carrosserie, dont le superbe Rouge Indien de notre version d’essai. Par ailleurs, il est possible d’opter pour l’un des six styles de jantes disponibles sur cette 718 Cayman S, dont la monte 20 pouces visible sur nos photos. À noter également que notre voiture est ici équipée du pack Sport Design peint en noir brillant.

Poste de conduite et habitabilité de la Cayman S

Une fois que nous sommes à bord de cette 718 Cayman S, on sait instantanément que nous sommes bel et bien dans une vraie Porsche. En effet, et même si ce n’est pas la première fois, on se fait la plupart du temps avoir par le bouton de démarrage, situé à gauche du volant et non pas à droite comme sur les voitures classiques. Passé cette petite subtilité, le reste du poste de conduite est quant à lui relativement classique et sobre, bien que l’écusson sur le volant et les appuie-têtes nous rappellent le pedigree de l’auto dans laquelle nous sommes assis. Car si l’ensemble se montre très simple, voire presque austère, dans la plus pure tradition de l’automobile allemande, on apprécie néanmoins la petite touche de sportivité, apportée par les ceintures de sécurité rouges, en option. De même, si la présentation générale semble avoir quelque peu accusé le poids des années, celle-ci demeure toutefois très satisfaisante, aussi bien en termes de praticité que de finition, avec des ajustements et des matériaux très qualitatifs.

Cette Porsche 718 Cayman S n’est ici pas équipée de combiné numérique, qui devrait sans doute faire son arrivée sur une prochaine génération, alors qu’il faudra ici se contenter d’une instrumentation analogique classique. Le compte-tours est toujours positionné au centre, véritable signature de la marque, entouré du compteur de vitesse et d’un petit écran indiquant diverses informations relatives à la conduite. De son côté, la console centrale donne l’impression d’être dans un vrai cockpit, tandis que l’écran tactile de 7 pouces se montre ergonomique, malgré une présentation qui commence à accuser le poids des années. Si l’espace intérieur n’est pas forcément le grand atout de cette 718 Cayman, nous sommes néanmoins plutôt bien installés à bord de l’auto, alors que les sièges s’avèrent à la fois enveloppants et confortables. S’il est tout à fait possible de partir en week-end sans trop de difficultés grâce aux deux coffres, un à l’avant et l’autre à l’arrière, on déplore néanmoins un certain manque de rangements dans l’habitacle pour tous les jours.

Que vaut la Porsche 718 Cayman S sur la route ? Essai en conduite

En troquant son flat-six contre un simple quatre cylindres Boxer lors de son arrivée en 2016, la Porsche 718 Cayman était alors assez mal vue par les puristes. Finalement, le coupé allemand aura tout de même réussi à s’imposer, en adoptant un positionnement lui permettant de mieux se distinguer de la Porsche 911. Et puis après tout, l’auto n’a pas non plus renié totalement ses origines, en conservant un moteur à plat, ce qui aura sans doute permis de séduire une certaine clientèle, alors qu’elle se place dans le top 10 des sportives les plus vendues en France. Fort de 350 chevaux pour un couple maximal de 420 Nm, ce quatre cylindres 2,5 litres turbocompressé nécessite néanmoins de monter assez haut dans les tours pour véritablement profiter de performances optimales. Celles-ci sont toutefois très bonnes, avec un 0 à 100 km/h abattu en 4,4 secondes, pour une vitesse maximale de 285 km/h, même si l’ensemble manque quelque peu de caractère. De son côté, la boîte PDK à double embrayage et sept rapports est très réactive, avec ou sans les palettes.

Les modes les plus sportifs auront néanmoins notre préférence, ceux-ci jouant sur la réactivité du moteur et sur la transmission, tirant les rapports plus haut, tandis que l’échappement devient alors plus expressif. En mode Sport, la suspension sport PASM s’abaisse automatiquement, offrant une stabilité accrue à haute vitesse. Celle-ci est améliorée grâce au système Porsche Torque Vectoring Managment (PTV), associé à un différentiel à glissement limité mécanique à l’arrière. Un arsenal d’aides à la conduite qui permettent alors à cette Porsche 718 Cayman S de profiter d’un comportement exemplaire et ultra sécurisant, même lorsque le rythme devient intense. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître et malgré son architecture propulsion, l’auto a plutôt tendance à sous-virer plutôt qu’à jouer de l’arrière. Rien de grave pour autant, alors que l’ensemble demeure très sain et en aucun cas piégeur, l’auto ne mettant jamais en défaut le conducteur et restant toujours aisée à rattraper. Un vrai atout, qui s’explique notamment par un poids relativement contenu de seulement 1 385 kilos sur la balance.

Globalement, cette Porsche 718 Cayman S est efficace sans pour autant être vraiment radicale, laissant volontiers cet aspect à une GT4 au caractère encore plus affirmé. Notre modèle d’essai distille donc des sensations, c’est vrai, mais reste tout à fait utilisable au quotidien avant tout. La suspension adaptative, en option, permet alors de faire évoluer le comportement de l’auto en fonction des besoins, sans rogner sur le confort. Une certaine polyvalence de la part de l’auto, qui se traduit également par une sonorité assez discrète à l’échappement, peut-être même un peu trop. Mais quoi qu’il en soit, la sportive séduit par sa grande polyvalence, pouvant alors passer d’une conduite douce au quotidien à des virées plus dynamiques le week-end avec une facilité déconcertante. Son quatre cylindres en positon centrale garantit quant à lui une excellente répartition des masses, tandis que le freinage est à la fois mordant et endurant. Enfin, la direction est consistante sans être trop ferme, facilitant la remontée d’informations, peu importe le style de conduite adopté.

Avec ses émissions de CO2 de l’ordre de 193 grammes par kilomètre, la Porsche 718 Cayman S est alors malheureusement plombée par un malus très salé, puisqu’il faudra ajouter 10 980 euros à la facture finale lors de l’achat. Ce montant élevé est néanmoins contrebalancé par une consommation plutôt raisonnable, affichée sur le papier à 8,5 litres aux 100 kilomètres en cycle mixte. Il faudra bien sûr prévoir un peu plus en conduite sportive, même si cela reste plutôt satisfaisant. En termes de prix, la sportive allemande affiche un ticket d’entrée de 69 739 euros, mais la facture grimpe alors très rapidement dès lors que l’on plonge le nez dans l’impressionnant catalogue des options. Un aspect qu’il ne faudra pas négliger, tandis que la dotation reste assez réduite dans sa version d’entrée de gamme. Il faudra donc allonger quelque peu le chèque pour profiter d’une voiture vraiment complète.

Notes et avis sur l’essai de la 718 Cayman S

CatégorieNote sur 5 Avis Caroom
Esthétique⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️Vraie 911 miniature, cette Porsche 718 Cayman S est une vraie réussite esthétique !
Conduite⭐️⭐️⭐️⭐️Si son quatre cylindres manque un peu de caractère, l’auto surprend par sa polyvalence
Praticité⭐️⭐️⭐️Si l’espace à bord est assez réduit, on appréciera la présence des deux coffres
Rapport Qualité/Prix⭐️⭐️⭐️Si le prix de base reste relativement raisonnable, la dotation s’avère assez simpliste et il faudra alors obligatoirement piocher dans le catalogue des options

Bilan de notre essai de la Porsche 718 Cayman S

Parfait compromis pour un usage quotidien, ou presque, la Porsche 718 Cayman S est une vraie sportive, sans pour autant être aussi radicale qu’une GT4, plus difficile à utiliser tous les jours. L’ADN de la marque de Stuttgart est évidemment conservé, que ce soit sur le plan esthétique, avec des lignes toujours très élégante, qu’en termes de comportement routier. Joueuse juste comme il faut, sans pour autant être dangereuse, la sportive n’a absolument rien à envier à sa grande sœur, la Porsche 911. Elle pourrait néanmoins laisser sur leur faim les conducteurs à la recherche d’une auto offrant un peu plus de sensations, même si les promesses sont ici plus que tenues. Il faut alors prendre l’auto comme elle est, un coupé dynamique et polyvalent, idéal pour se faire plaisir.

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Julie
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