La Cour des comptes indique que tout miser sur le tout-radar n’est plus productif pour limiter le nombre de tués sur la route.
Alors que la mortalité sur la route ne baisse plus depuis des années, la Cour des comptes épingle la stratégie de l’Etat en matière de sécurité routière. La prolifération des radars à tout va a atteint sa limite. Si l’installation de premiers radars fixes en 2003 puis leur augmentation sur toutes les routes de France a permis de réduire fortement le nombre de tués (de 5 737 en 2003, leur nombre est passé à 3 268 en 2013).
Mais depuis 2013, la baisse s’est arrêtée et le nombre de morts stagne. La méthode du tout répressif est désormais ancrée dans les habitudes et se montre moins dissuasive qu’auparavant. Malgré le récent passage au 80 km/h, 3 244 victimes ont été enregistrées en 2019 (2020 n’est pas une année représentative plusieurs confinements ayant fortement réduit la circulation).
La France en bas de classement
Si l’association 40 millions d’automobilistes pointe du doigt cette situation depuis de nombreuses années, c’est désormais la Cour des comptes qui démontre son inefficacité. Bien que ce phénomène de « plateau » soit rencontré par « la plupart des pays européens », la France fait figure des mauvaises élèves. « Du septième rang dans l’Europe des 28 en 2008, la France est passée au quatorzième rang en 2019 » indique le rapport.
La mise en place d’un nouveau modèle
L’institution suggère de changer de philosophie et de mettre en place le modèle du « système sûr » déjà mis en place en Suède et aux Pays-Bas il y a près de 30 ans ! Il s’appuie sur 3 piliers : le comportement, le véhicule et l’infrastructure. Si l’un des trois faillit, les deux autres peuvent prendre le relais et permettent de limiter les dégâts. Ainsi le document ne souhaite pas « une plus grande tolérance à l’égard des comportements déviants, mais impose d’aménager les infrastructures de façon à minimiser les conséquences matérielles et corporelles des accidents. ».
Des infrastructures plus adaptées
Si le volet comportement a déjà été traité, la Cour des comptes indique donc la nécessité de renforcer les deux autres piliers avec notamment des infrastructures adaptées. Cela passe par exemple par la suppression des arbres ou d’autres obstacles latéraux sur le bord des routes. La mise en place de séparateurs centraux sur les routes à double sens est aussi recommandée, comme cela a déjà été fait en Suède. L’entretien de la chaussée, qui est parfois en piteux état, minimiserait aussi les risques d’accidents, comme l’indique 40 millions d’automobilistes depuis longtemps.
La juridiction préconise également une présence policière plus importante afin de sensibiliser et verbaliser davantage les conducteurs alcoolisés et sous l’emprise de stupéfiants. Des actions impossibles à réaliser avec un radar automatique !
0 commentaires sur cet article
Commentez cet article