Promesse présidentielle tenue, succès retentissant : tels ont été les échos du fameux leasing social. Si le projet initial prévoyait 20 000 voitures, le gouvernement a dû augmenter ce nombre à 50 000 livraisons pour éviter toute déception. Ainsi, pour définir le profil des acquéreurs, la DGEC (Direction générale de l’Énergie et du Climat) a étudié les 25 000 premiers dossiers.
40 % des bénéficiaires gagnent moins de 10 200 euros par an
Pour rappel, le leasing social vise à faciliter l’accès aux voitures électriques aux ménages français les plus modestes. La subvention s’élève à 13 000 euros par véhicule, permettant ainsi aux bénéficiaires d’acquérir un véhicule électrique à environ 100 euros par mois.
Pour les sélectionner, le revenu fiscal par part inférieur à 15 400 euros a donc été considéré comme référence. En France, cela correspond aux 5 premiers déciles de revenus. À noter que les déciles représentent les classes de la population par tranches de revenus. Il y a, en tout, 10 tranches de 10 %. Le leasing social s’adresse donc aux 50 % des ménages les plus modestes.
L’étude menée par la DGCE, validée par l’ASP (Agence des services et de paiement), a démontré que le premier décile représente 3,27 % des dossiers. Le second décile enregistre 14,27 %, tandis que le troisième décile représente 22,05 %. Ces trois tranches correspondent aux profils des bénéficiaires ayant un RFR de moins de 10 200 euros par an, soit 40 % des dossiers.
Néanmoins, la majorité s’est concentrée dans le cinquième décile, soit 33 %. Le quatrième décile représente 27,81 %. Les subventions remboursées par l’État pour ces 25 000 dossiers représentent ainsi près de 143 millions d’euros.
Des clients plus jeunes que la moyenne ont eu accès à une voiture électrique
Du côté du profil d’âge des bénéficiaires, celui-ci semble différent de celui des acheteurs habituels de voitures électriques. En effet, si la moyenne d’âge des acheteurs de véhicules électriques était d’environ 54 ans en 2023, l’âge moyen des 25 000 premiers inscrits au leasing social est de 40 ans. La répartition des locataires par tranche d’âge est la suivante :
- 26-35 ans : 24 % ;
- 36-45 ans : 42 % ;
- 46-55 ans : 22 %.
Le bilan relate que cette tranche d’âge des bénéficiaires est naturellement liée à leurs revenus ainsi qu’à leurs besoins en mobilité. Et puis, les voitures électriques éligibles au leasing social étaient principalement des modèles d’entrée de gamme, comme la Peugeot e-208, la Citroën ë-C3 ou la Nissan Leaf, majoritairement des citadines.
Le leasing social sera-t-il de retour en 2025 ?
L’objectif de rendre la mobilité électrique accessible à une nouvelle population semble avoir été atteint grâce au leasing social. Cependant, l’avenir de ce dispositif reste incertain. Initialement, le gouvernement avait prévu de le reconduire en 2025, mais les modalités restaient floues compte tenu du climat politique actuel.
En attendant la nomination d’un nouveau gouvernement, les études continuent à Bercy pour affiner les détails, bien qu’aucune décision ne puisse être prise pour l’instant. Le retour du leasing social dépendra non seulement des priorités politiques du prochain gouvernement pour le budget 2025, mais aussi de l’accueil que réservera l’Assemblée nationale, récemment renouvelée.
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