Toyota dévoile la neuvième génération du Hilux, un pick-up emblématique désormais décliné pour la première fois en version 100 % électrique. Cette étape est une évolution majeure pour l’histoire du modèle japonais, mais elle risque d’être difficile à adopter sur le terrain.
Un Hilux repensé, mais toujours fidèle à ses racines
Après plus d’un demi-siècle de carrière, le Toyota Hilux s’offre une profonde refonte. Cette neuvième génération conserve l’ADN du modèle : robustesse, polyvalence et fiabilité, tout en adoptant un style plus affirmé et agressif.

La face avant, redessinée, se distingue par une calandre plus imposante et des optiques affinées, donnant au pick-up une allure plus moderne et musclée. Toyota soigne aussi l’habitacle, où le niveau de présentation monte clairement d’un cran : sur les versions haut de gamme, le Hilux arbore un grand écran tactile de 12,3 pouces, repris par un combiné d’instrumentation numérique de même taille.

Malgré cette montée en gamme, le Hilux reste fidèle à son architecture à châssis échelle, gage de solidité et de modularité. Cette base, typique des pick-up utilitaires, permet de proposer différentes configurations : simple cabine, double cabine ou encore châssis nu destiné aux transformations professionnelles.
Le Hilux électrique, une révolution mesurée
La principale nouveauté, c’est bien sûr l’arrivée d’une version 100 % électrique. Toyota s’attaque ainsi à un nouveau segment, encore balbutiant, celui des pick-up zéro émission. Ce Hilux EV adopte une architecture à deux moteurs, un sur chaque essieu, pour une puissance cumulée de 196 chevaux et un couple de 473 Nm.

Sous le plancher, la batterie affiche une capacité de 59,2 kWh, suffisante pour annoncer 240 km d’autonomie en cycle WLTP. Mais dans la réalité, surtout autoroute, cette valeur devrait plutôt tourner autour de 150 km, et moins avec un véhicule lourdement chargé, des chiffres modestes pour un véhicule destiné à un usage professionnel qui demande souvent de la polyvalence. La recharge rapide peut atteindre 150 kW, permettant un passage de 10 à 80 % en une trentaine de minutes sur borne haute puissance.
Cette version électrique s’adresse donc avant tout aux utilisateurs urbains ou périurbains, réalisant des trajets courts et réguliers, comme les artisans, les collectivités locales ou les entreprises de maintenance opérant en centre-ville.
Des capacités revues à la baisse pour l’électrique
Sur le plan pratique, le Hilux électrique ne peut rivaliser avec ses homologues thermiques. Sa capacité de remorquage est limitée à 1 600 kg, contre 3 500 kg pour les versions diesel ou essence. Quant à la charge utile, elle plafonne à 715 kg, loin de la tonne embarquée possible sur les motorisations classiques.

Autant dire que les professionnels du bâtiment, de l’agriculture ou des chantiers auront du mal à se détourner des motorisations thermiques. Pour eux, Toyota conserve d’ailleurs une offre complète, avec des moteurs essence 2.7 litres et diesel 2.8 litres, accompagnés d’une option d’hybridation légère selon les marchés. Ces versions resteront les plus adaptées pour les longues distances et les usages intensifs.
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