Peugeot e-408 : l’autonomie réelle de la berline surélevée électrique est-elle satisfaisante ?

La Peugeot e-408, déclinaison 100 % électrique de la berline surélevée sochalien, arrive enfin sur les routes. Sur le papier, les données concernant le moteur, la batterie et l’autonomie semblent particulièrement intéressantes. Mais qu’en est-il en conditions réelles ? Les résultats d’essais sur route révèlent une voiture adaptée à un usage quotidien, mais avec quelques lacunes pour les longs trajets. Le point avec Caroom !

 

Une configuration optimisée pour de meilleures performances

Dans la version électrique, la Peugeot 408 a droit à plus d’ajustements techniques que sa petite sœur e-308. Grâce à son empattement plus long, le véhicule peut intégrer une batterie NMC de 61 kWh brut, contre 54 kWh brut pour la compacte. Bien que modeste, ce gain permet à l’e-408 de bénéficier d’une autonomie WLTP de 453 km en cycle mixte. Sous le capot, on retrouve le moteur de l’e-3008, développant 210 ch et 345 Nm de couple en mode Sport, et 190 ch et 300 Nm en mode normal.

Peugeot a également retravaillé l’aérodynamique, point essentiel pour maximiser l’autonomie. Ainsi, l’e-408 se dote d’un bas volet arrière spécifique, un soubassement plat et des entrées d’air optimisées, des éléments qui améliorent la stabilité à pleine vitesse. Pour parfaire le confort thermique, une pompe à chaleur et des sièges chauffants de série complètent l’ensemble et permettent de limiter l’impact du chauffage sur la consommation en hiver.

Pour la recharge, l’e-408 embarque un chargeur AC de 11 kW, et autorise jusqu’à 120 kW en courant continu. Sur le terrain, les essais révèlent qu’en atteignant 118 kW, la puissance chute dès 60 % de batterie, rallongeant le temps de recharge. Cela signifie que le passage de 20 à 80 % requiert 32 minutes, soit environ tous les 172 km sur autoroute, ce qui désavantage le véhicule face à certaines concurrentes plus rapides à la borne.

Une autonomie réelle distincte en fonction de l’usage du véhicule

En conditions réelles, la Peugeot e-408 est plutôt sobre sur route. À l’issue d’un essai réalisé sur un parcours d’environ 140 km, mêlant routes départementales, zones urbaines et quelques portions sur des voies rapides, la consommation moyenne relevée est de 15 kWh/100 km. Cela correspond à une autonomie réelle de 389 km, proche de la valeur WLTP annoncée. En conduite périurbaine, qui s’avère plus favorable, l’autonomie peut aller jusqu’à plus de 400 km sans recharge.

En revanche, sur autoroute, l’histoire est complètement différente. Après un trajet aller-retour effectué sur près de 120 km à environ 130 km/h, la consommation monte à 20,2 kWh/100 km. L’autonomie baisse alors à 288 km, et même à 202 km, ce qui équivaut à une recharge rapide entre 10 et 80 %. Si la consommation reste meilleure que celle de certaines rivales, le comportement du véhicule sur autoroute ne permet malheureusement pas d’envisager de longs trajets, sans planifier correctement les arrêts aux bornes de recharge.

 

Toutefois, grâce à un planificateur intégré, nommé Trip Planner, il est possible de déterminer un niveau de batterie minimum à l’arrivée et à la borne suivante. Ainsi, le dispositif contribue à mieux maîtriser la charge de la voiture. Néanmoins, il est moins performant que les systèmes plus évolués de Renault ou Tesla, aussi bien en rapidité qu’en précision, quant à ses suggestions d’itinéraires et de points de recharge.

Le prix de la Peugeot e-408 vaut-il finalement ses performances ?

La Peugeot e-408 se décline en deux finitions, la première est baptisée Allure et présente un tarif de départ à 44 000 euros. La seconde version GT est accessible à partir de 46 000 €. L’achat de l’une ou de l’autre version permet de prétendre à l’aide gouvernementale remplaçant le bonus écologique depuis juillet 2025. L’obtention de cette allocation dépend cependant du revenu fiscal. De plus, le prix de la voiture ne doit pas dépasser 47 000 €. L’aide peut varier de 3 100 € à 4 200 €, ce qui permet de profiter d’un tarif d’entrée en gamme autour de 40 000 €.

La finition GT se démarque par une dotation enrichie. Elle arbore une présentation soignée, comporte des aides à la conduite complètes, une sellerie de qualité et un confort optimal. Toujours est-il que le rapport coût/prestation peut laisser perplexe. Et pour cause, l’e-408 coûte plus cher que certaines concurrentes équipées d’une batterie plus grande et d’une meilleure autonomie, à commencer par l’e-3008, proposée dès 43 590 € avec une batterie de 73 kWh. À ce niveau de prix, l’e-408 n’est donc guère convaincante.

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Publié par

Jordane CLAUSS

Responsable de contenus

Je suis responsable de contenus automobiles chez Caroom depuis 2020. J’ai lancé la catégorie du Guide « Voiture propre », au moment où les ventes de véhicules électriques commencent à décoller en France et où les constructeurs accélèrent leurs investissements. Ce projet a structuré mon travail : rendre la voiture électrique plus simple à comprendre, et accompagner les acheteurs dans le choix, l’achat et l’utilisation de leur véhicule (conseils, astuces, comparatifs). Mon objectif est aussi de tenir les lecteurs informés de l’actualité (bonus, nouveaux modèles, prix de la recharge, tendances du marché). En savoir plus.

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