Le groupe l’Argus a annoncé suspendre sa cote pour une durée de deux mois suite au fort ralentissement des ventes de voitures d’occasion. Cette mesure exceptionnelle est une première depuis 1940.
La crise du coronavirus met à mal la vente de voitures d’occasion. Si le marché de la seconde main est moins impacté que celui de la du neuf (- 34 % contre -72% depuis le début de l’année), les professionnels du secteur font tout de même grise mine, les concessions et garages devant garder portes closes.
Pour les soutenir, le groupe Argus a décidé de geler la cote qui sert de référence pour connaître la valeur d’une auto. « La cote Argus, qui sert au concessionnaire pour la reprise du véhicule, va rester figée pendant deux mois, au lieu de subir une décote mensuelle » a ainsi déclaré Olivier Flavier, directeur général du groupe Argus. Il ajoute : « Notre contribution équivaut à figer une dépréciation des stocks d’environ 180 millions € ». Cela devrait permettre de ne pas voir dégringoler les prix lors de la reprise et éviter l’effondrement de la valeur du stock des parcs automobiles n’ayant pas pu être renouvelés à cause du confinement et de l’absence de vente.
Les particuliers aussi impactés
La majorité des transactions se faisant hors du réseau professionnel, cette mesure pourrait aussi être utile aux particuliers. Ceux qui qui souhaitait changer de véhicule mais qui n’ont pas pu revendre leur bien, ne vont ainsi subir aucune dépréciation. La voiture qu’ils souhaite revendre va ainsi garder sa valeur, son prix restera donc le même, malgré les mois perdus. Il faut savoir que qu’une automobile perd chaque mois, entre 1 et 2,5 % de sa valeur. Une voiture dans ses premières années verra sa cote auto baisser plus rapidement, avant que la courbe ne se tasse au fur et à mesure des années.
Suffisant pour éviter un effondrement des prix ?
Reste à savoir si cette mesure suffira à maintenir les prix. Les professionnels, dont le stock s’est accumulé ces derniers mois, et qui vont en plus, voir arriver de nombreux retour de leasing, vont être tentés de vider au plus vite les parkings. De la même façon, la vitesse de reprise du marché demeure incertaine. Si, lors du déconfinement (dont les modalités sont encore flous), le domaine de l’occasion devrait reprendre plus rapidement que celui du neuf, il n’est pas dit que cela se fasse aussi vite qu’espérés par les professionnels du secteur. Il est alors fort probable que l’offre importante combinée à une demande des particuliers en baisse (ils ont, eux aussi, vu leur budget malmené par cette crise) conduise à des rabais importants sur les prochaines transactions…
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