La crise des semi-conducteurs fait chuter le marché européen de 23%

Camion de livraison Hyundai Kona
Source : Adobe Stock / Roman Babakin

Le mois de septembre 2021 a connu une importante chute des ventes de voitures neuves en Europe avec -23,1 %. En cause : la pénurie de semi-conducteurs qui frappe de nombreuses industries, dont le secteur automobile.

 

Le marché automobile européen s’est effondré de 23,1 % au mois de septembre 2021 avec seulement 718 598 immatriculations enregistrées comme l’indique l’Association des Constructeurs Européens (ACEA) dans un communiqué. Un chiffre aussi bas ne s’était pas vu depuis septembre… 1995 ! Soit un bond dans le passé de 25 ans !

Après le coronavirus, les semi-conducteurs

Lors du mois de septembre 2020, tous les indicateurs étaient au vert avec un marché en pleine remontée après une crise du covid et des confinements successifs ayant fortement entamé l’économie. Malheureusement, en 2021, c’est au tour du manque des semi-conducteurs de pénaliser le marché automobile et d’empêcher les constructeurs de livrer les clients.

La pénurie actuelle a touché les principaux marchés européens qui ont tous enregistré une baisse à deux chiffres. Si La France chute ainsi de 20,5 %, l’Espagne s’en sort mieux avec « seulement » – 15,7 %. Mais du côté de l’Allemagne, mais surtout de l’Italie, les ventes de voitures neuves se sont effondrées avec respectivement25,7 % et -37,7 % le mois dernier par rapport à septembre 2020.

Un début d’année pourtant positif

Immatriculations européennes 2021 par constructeur
Source : ACEA

Pourtant, les chiffres de l’année 2021 restent pour l’instant positifs. Sur les 9 premiers mois de l’année, les ventes totales de voiture neuves se montent ainsi à 7,5 millions d’unités, soit 500 000 de plus que sur la même période de 2020. Malgré tout, les mois suivants risques de suivre la même pente que septembre avec un manque de semi-conducteurs qui ne devrait pas faiblir.

En effet, la demande mondiale en puce ne cesse d’augmenter alors même que ces dernières sont de plus en plus indispensables aux automobiles. On les retrouve partout, que ce soit dans le moteur, pour l’ABS, ou encore les airbags et même l’aide au stationnement, sans parler des multiples écrans (tactiles ou non), très gourmands en semi-conducteurs.

 

Une concurrence rude

L’industrie automobile se retrouve en concurrence avec d’autres secteurs, eux aussi très demandeurs de puces électroniques (les ordinateurs, smartphones, tablettes, consoles et autres objets connectés de plus en plus prisés…). Ce sont ces dernières qui s’approprient pour la majeure partie de la production mondiale de ces pièces fabriquées en grande majorité en Asie.

Une demande qui n’est pas près de se tarir. Cette situation difficile devrait encore durer une bonne partie de 2022. Une crise dont on ne voit donc pas encore la fin, d’autant plus que « de nouvelles flambées du variant Delta du Covid touchent des nations productrices importantes en Asie de l’Est », comme a indiqué l’association britannique des constructeurs (SMMT).

Hyundai-Kia en forme

Du côté des marques, seul le groupe Hyundai-Kia enregistre un score en hausse en septembre 2021 avec + 5,2 %. Depuis le début de l’année, les groupes Stellantis et Volkswagen sont ceux qui s’en sortent le mieux. Ils ont en effet enregistré des ventes en progression de respectivement 8,3 % et 8,1 % par rapport à l’an dernier, particulièrement rude il est vrai.

Toujours depuis le mois de janvier 2021, Renault est en baisse de 6,5 %, malgré un résultat positif de la part de Dacia (+4,2 %).

Publié par
Jean-Baptiste TRICHOT
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