Le contrôle technique pour les deux-roues finalement abandonné

réparation moto deux roues
Credit : Vecteezy / Khunkorn Laowisit

Le contrôle technique obligatoire pour les deux-roues a beaucoup fait réagir et a occasionné de vifs débats. Mais cela n’aura pas duré longtemps, puisque le Président a décidé d’annuler la mesure qui ne verra donc pas le jour.

À peine annoncé, déjà retiré. Alors qu’un décret publié annonçait la mise en place du contrôle technique pour les deux-roues au 1er janvier 2023, le Président Emmanuel Macron l’a annulé dès le lendemain. Cette annonce inattendue a été faite par le ministre des transports Jean-Baptiste Djebbari qui indique que ce n’est actuellement « pas la priorité du gouvernement ».

« Pas le moment d’embêter les Français »

Depuis l’annonce de cette disposition, de nombreux motards ont fait entendre leur mécontentement, notamment à travers la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC). Toutefois, le gouvernement a déclaré que cela n’a pas de lien avec sa décision d’effectuer le retrait du contrôle technique obligatoire.

Du côté de l’Elysée, on invoque le manque de temps entre l’annonce fait et la mise en place de la mesure prévue pour début 2023. Cependant, Un conseiller de l’exécutif aurait affirmé à l’AFP que le Président de la République a décidé que « ce n’était pas le moment d’embêter les Français ». Un revirement qui n’est pas surprenant en pleine période électorale. Surtout lorsque l’on sait que les utilisateurs de deux-roues ne représentent pas moins de 3 millions de personnes.

Si les motards peuvent se réjouir de l’annulation du contrôle technique obligatoire qu’ils jugeaient inutile tout en dénonçant une « surenchère réglementaire » et un « racket », le dispositif n’est malgré tout pas totalement abandonné. En effet, il s’agit d’une directive européenne datant de 2014 et devant être effective avant 2024.

Des alternatives possibles

Mais des alternatives existent. L’Union Européenne laisse le choix à chaque Etat membre d’instituer le contrôle technique ou d’améliorer l’accidentologie des deux-roues. Ce dernier point peut être atteint grâce à des mesures de sécurité supplémentaires.

Mais si le nombre de morts à moto a chuté (669 tués en 2017, année du pic, contre 615 en 2019), celui des petites cylindrées a en revanche augmenté sur la même période (117 en 2017, 134 en 2019). Si la FFMC conteste la mise en place du CT obligatoire, elle milite en revanche pour l’amélioration des conditions de sécurité avec par exemple, la protection des glissières de sécurité le long des routes.

Un contrôle technique et des infrastructures mieux pensées

Bien évidemment, ceci demanderait un investissement important de la part des autorités compétentes, bien plus que l’instauration du CT. Si l’UE oblige à l’adoption de l’une ou l’autre mesure d’ici 2024, rien n’empêche théoriquement de faire les deux. Cela permettrait d’avoir un parc de deux (et trois) roues roulant en conformité en matière de sécurité, de pollution et de bruit, ainsi que des infrastructures plus sûres…

Publié par
Jean-Baptiste TRICHOT
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