On le présentait depuis maintenant quelques semaines : les jours de Carlos Tavares à la tête du groupe Stellantis étaient comptés. À tel point que ce dimanche 1er décembre, le groupe a annoncé la démission avec « effet immédiat » de son directeur. Un coup de théâtre dans l’histoire de Stellantis qui pourrait bien coûter très cher au groupe, aussi bien financièrement qu’en termes de stabilité. Caroom vous explique.
L’homme à l’origine du groupe Stellantis
Le groupe Stellantis doit beaucoup à Carlos Tavares. Il était déjà à la tête de PSA (anciennement Peugeot–Citroën) avant le redressement du groupe, alors au bord du gouffre, ainsi que le rachat d’Opel et la fusion avec Fiat-Chrysler, créant le groupe Stellantis tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Sa stratégie reposait sur les économies d’échelle : un moteur développé par le groupe était rentabilisé en l’intégrant sous le capot d’un maximum de modèles, de même pour les plateformes techniques. Tout était pensé pour limiter les coûts de développement d’un véhicule et maximiser la rentabilité. Cependant, lorsque certains moteurs se révélaient mal conçus, comme le 1.2 PureTech ou le 1.5 BlueHDI, l’addition était salée, aussi bien en termes de coûts de prise en charge pour le constructeur qu’en termes d’image pour la marque.

Une situation économique délicate
Après plusieurs années de gestion Tavares, parfois jugée difficile pour les collaborateurs en raison d’un management perçu comme brutal, le groupe Stellantis traverse une période délicate. La situation financière de cette importante association de constructeurs s’est dégradée, à tel point que Stellantis a reçu en octobre dernier un avertissement sur ses résultats, inquiétant les actionnaires.

La stratégie du groupe ne fonctionne pas comme souhaité aux États-Unis, un marché clé pour Stellantis, qui détient Dodge, Ram, Chrysler et Jeep, des marques emblématiques outre-Atlantique. Le cours de l’action du groupe suivait une pente décroissante, malgré des tentatives de Carlos Tavares pour lever des fonds, notamment au Moyen-Orient, encore la semaine dernière.
Un salaire mirobolant, tout autant que l’indemnité de départ
Carlos Tavares avait fait parler de lui pour sa rémunération. En effet, il était l’homme le mieux payé de l’industrie automobile. En 2023, il a touché 36,5 millions d’euros, une somme impressionnante pour un dirigeant qui ne croyait pas, il y a encore quelques années, à l’avenir des voitures électriques.
Désormais poussé vers la sortie par le conseil d’administration de Stellantis, Carlos Tavares quitte le navire en déposant une démission avec « effet immédiat ». Mais rassurez-vous, il ne se retrouve pas à la rue : selon les informations de Franceinfo obtenues auprès du conseil d’administration, le PDG de 66 ans va percevoir une indemnité de départ de plusieurs millions d’euros, de quoi lui assurer une retraite dorée.

Son successeur n’est pas encore connu. En attendant, c’est John Elkann, descendant de la famille Agnelli (liée à l’histoire de Fiat) et premier actionnaire du groupe, qui reprend temporairement les commandes de Stellantis en siégeant à la tête du comité exécutif.
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