Mal en point depuis le début de l’année, le marché automobile français a enregistré une nouvelle chute brutale en mars 2025. À travers ce troisième mois consécutif de repli, c’est une tendance baissière qui s’installe progressivement pour l’année 2025, caractérisé par un niveau de commandes bas. Les perspectives de reprise à court terme s’assombrissent, d’autant plus que le malus a augmenté, le bonus diminué et que le leasing social ne semble pas prêt de revenir.
Un mois de mars inquiétant, un trimestre inquiétant
Avec 153 842 voitures particulières neuves immatriculées, le mois de mars s’inscrit en net recul de 14,5 % par rapport à l’an passé. Ce repli, plus marqué que celui de janvier (-4,7 %) et de février (-4,8 %), fait tomber le marché sous le seuil des 440 000 immatriculations au premier trimestre. Le bilan cumulé affiche désormais une baisse de 7,8 % sur les trois premiers mois de l’année.

Mais au-delà du chiffre d’affaires immédiat, c’est l’absence de commandes qui inquiète les professionnels. Selon AAA Data, seuls 150 000 véhicules ont été commandés en février, un niveau historiquement faible, laissant présager une poursuite de la dégradation au printemps.
Renault limite la casse, Tesla décroche
Dans ce contexte généralisé de recul, rares sont les constructeurs à tirer leur épingle du jeu. Renault parvient à stabiliser ses volumes : -0,7 % pour la marque au losange et -3,7 % pour Dacia, bien loin des -17,1 % affichés par le groupe Stellantis. Dans ce dernier, certains labels souffrent particulièrement : -54,6 % pour Fiat, -35,3 % pour Opel, -31,2 % pour DS. Peugeot limite la casse à -6,7 %, mais reste en net repli.

Du côté des constructeurs étrangers, Volkswagen recule de 4,8 %, Toyota de 15,9 %, tandis que les marques premium plongent : BMW (-33 %), Mercedes (-48 %) et Audi (-4,6 %). Seule éclaircie relative dans cette grisaille, Ford progresse de 5 %, tout comme Volvo (+4,4 %) et MG (+4,2 %), ces deux derniers sont portés par une dynamique électrique bien engagées.
| Marque | Immatriculations mars 2025 | Évolution vs mars 2024 |
|---|---|---|
| Renault | 29 226 | -0,7 % |
| Dacia | 12 149 | -3,7 % |
| Peugeot | 23 472 | -6,7 % |
| Citroën | 11 266 | -23,6 % |
| DS | 2 241 | -31,2 % |
| Opel | 2 336 | -35,3 % |
| Fiat | 1 631 | -54,6 % |
| Volkswagen | 9 451 | -4,8 % |
| Toyota | 9 186 | -15,9 % |
| BMW | 3 372 | -33,0 % |
| Mercedes | 3 215 | -48,0 % |
| Audi | 4 441 | -4,6 % |
| Tesla | 3 157 | -36,8 % |
Mais le cas de Tesla retient particulièrement l’attention. Avec une baisse de 36,8 % sur mars, la marque californienne paie à la fois le report des livraisons du Model Y restylé et l’impact d’un climat d’image plus hostile en Europe. Le Model Y, qui trustait régulièrement le haut du classement, tombe à la 19ᵉ place avec 4 696 unités écoulées sur le trimestre. Reste à voir si l’arrivée du restylage changera la donne en avril.
L’électrique se maintien, l’essence toujours en tête
Dans un marché globalement en repli, la voiture électrique montre une étonnante stabilité : sa part de marché atteint 19 % en mars, en légère hausse sur un an (+1 point). Elle dépasse l’hybride rechargeable (4,8 %) et le diesel (4,4 %), ce dernier carburant est en net retrait, les constructeurs délaissent peu à peu le diesel. Néanmoins, l’essence non hybride reste le choix numéro un des automobilistes français, représentant 23,9 % des commandes, devant le full hybride (23,2 %) et l’hybridation légère (21,8 %).

La Clio mène toujours la danse
Du côté des modèles, la Renault Clio continue de dominer les ventes sur ce début d’année, avec 23 537 unités livrées, devant la Peugeot 208 (21 170) et la Citroën C3 (18 375, toutes motorisations confondues). La Dacia Sandero (17 590) et le Peugeot 2008 ferment le top 5. À noter la belle performance de la nouvelle Renault 5 E-Tech, qui s’impose déjà comme la meilleure vente 100 % électrique et pointe à la 10ᵉ place du classement général.
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