Alors que le projet d’implantation industrielle en Turquie semble avoir été mis en pause, BYD accélère en revanche son déploiement européen avec la concrétisation de son site de production en Hongrie. Pour le constructeur chinois, l’enjeu est stratégique : produire localement afin de réduire l’exposition aux droits de douane sur les véhicules importés de Chine et renforcer sa compétitivité sur le marché européen, avec en ligne de mire l’accès aux dispositifs d’aides nationales comme le bonus écologique.
Une implantation industrielle en Europe
Plusieurs groupes chinois ont déjà tenté de contourner les barrières tarifaires en s’appuyant sur des opérations d’assemblage en Europe. Leapmotor, par exemple, a lancé l’assemblage de la T03 en Pologne avec le soutien de Stellantis, sur le site de Tychy, à partir de kits importés. Une solution pragmatique, mais insuffisante pour obtenir un éco-score favorable en France et ainsi prétendre au bonus écologique.
La stratégie hongroise de BYD est d’une tout autre ampleur. Il ne s’agit pas d’un simple site d’assemblage, mais d’une usine complète intégrant l’ensemble des étapes industrielles : fonderie, tôlerie, soudure, peinture et assemblage final. En d’autres termes, les véhicules concernés seront réellement produits en Europe. Si certains composants continueront d’être importés de Chine dans un premier temps, le groupe ambitionne d’accroître progressivement la part de fournisseurs locaux. La direction européenne évoque déjà plusieurs centaines de partenaires en cours de certification ainsi que la création de près de 10 000 emplois sur place.
Des modèles stratégiques pour le marché européen
Dès 2026, deux modèles pourraient sortir des lignes hongroises. Le premier serait le BYD Atto 2, un SUV compact électrique dont le positionnement tarifaire pourrait devenir particulièrement compétitif une fois libéré des surtaxes visant les importations chinoises. Une production européenne renforcerait aussi ses chances d’accéder aux aides publiques dans certains pays.
Le second modèle pressenti serait la BYD Dolphin Surf, une citadine déjà attractive en termes de prix. Produite en Europe, elle pourrait franchir un nouveau cap en matière de compétitivité et s’imposer comme une alternative crédible face aux références établies du segment.
Si ces deux véhicules devenaient éligibles au bonus écologique en France, l’équilibre du marché pourrait s’en trouver profondément modifié. Avec une production localisée, des coûts optimisés et une gamme en pleine expansion, BYD confirme son ambition de s’ancrer durablement dans le paysage automobile européen.
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