Le mois de mai 2025 n’aura pas permis d’enrayer la spirale descendante du marché automobile en France. Selon les données publiées par la Plateforme automobile (PFA), les immatriculations de voitures neuves ont reculé de plus de 12 % par rapport à mai 2024, s’établissant à 123 919 unités. Ce cinquième mois consécutif de baisse confirme l’installation durable d’une crise de la demande, dans un climat économique incertain.
Une dynamique négative qui s’intensifie
Si le repli du mois d’avril, à -5,6 %, laissait encore entrevoir un possible ralentissement de la chute, mai affiche une correction bien plus marquée, à -12,3 %. Un signal inquiétant qui reflète une baisse continue du pouvoir d’achat des ménages, une confiance en berne, et un attentisme de plus en plus visible côté consommateurs. Sur les cinq premiers mois de l’année, le cumul reste préoccupant : -8 % par rapport à 2024 et près de -30 % comparé à 2019, dernière année de référence avant la pandémie.
Aucun constructeur réellement épargné
Tous les grands groupes enregistrent un recul, à des degrés divers. Stellantis, malgré son large portefeuille de marques, voit ses volumes diminuer de 10,1 % en mai, pénalisé notamment par les contre-performances de Fiat et Opel. Renault, avec un niveau d’immatriculations équivalent, parvient à contenir la baisse à -7 %, confirmant une relative résilience. En revanche, le groupe Toyota enregistre un net repli de 25 %, tandis que le groupe Volkswagen accentue sa chute à près de 12 %.

Parmi ceux qui sont en hausse, on retrouve Lancia et Alfa Romeo, mais ces constructeurs sont en pleine phase de renaissance, ce qui est donc logique. On peut en revancher saluer les belles performances de Skoda, de Dacia, de Cupra ou encore de Mini qui sont en positif sur le mois de mai !
Le marché électrique en panne de croissance
Autre signe de stagnation : les véhicules 100 % électriques ne parviennent plus à tirer le marché. Leur part reste figée autour de 18 % sur les cinq premiers mois de l’année, 16 % sur le dernier mois de mai. Derrière ce chiffre stable se cache en réalité une baisse des volumes : selon la PFA, les ventes de voitures électriques ont reculé d’environ 7 % en 2025 par rapport à 2024. La baisse du bonus écologique n’est pas innocent dans ce ralentissement du marché des voitures électriques.

Tesla illustre cette tendance plus générale. En pleine phase de renouvellement de sa gamme, et confrontée à un contexte d’image compliqué pour son dirigeant Elon Musk, la marque californienne voit ses immatriculations plonger de 67 % en mai, à seulement 721 unités. Depuis janvier, elle accuse une baisse globale de près de 50 %.
Les modèles les plus vendus depuis le début d’année
- Renault Clio : 42 671 exemplaires
- Peugeot 208 : 32 907 exemplaires
- Dacia Sandero : 28 440 exemplaires
- Peugeot 2008 : 25 149 exemplaires
- Dacia Duster : 18 557 exemplaires
- Peugeot 3008 : 18 524 exemplaires
- Citroën C3 : 18 070 exemplaires
- Renault Captur : 17 367 exemplaires
- Toyota Yaris Cross : 15 010 exemplaires
- Renault Symbioz : 14 864 exemplaires
Des causes multiples
Cette dégradation de ventes en continue s’explique par plusieurs facteurs convergents : un environnement économique mondial instable, aggravé par les tensions commerciales internationales, une croissance faible en France et une confiance des ménages au plus bas. En somme, un climat peu propice aux achats engageants comme celui d’un véhicule neuf, mais le marché de l’occasion en profite
Le marché de l’occasion semble mieux résister, profitant probablement de prix plus accessibles et d’une offre plus large. Cette stabilité relative pourrait encore se renforcer si la crise des véhicules neufs devait se prolonger dans les mois à venir.
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