L’Alfa Romeo Giulia s’offre enfin un petit restylage, après plus de sept ans de carrière. Un petit lifting très attendu, qui porte sur le design mais pas seulement. Et sur la route, ça donne quoi ? La réponse dans notre essai auto.
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D’ordinaire, les voitures restent à peine trois ou quatre ans dans la gamme avant de subir un petit restylage. Mais pour l’Alfa Romeo Giulia, la situation est légèrement différente. En effet, cela fait déjà plus de sept ans qu’elle est commercialisée, et pourtant pas la moindre trace de lifting de mi-carrière. C’est en 2016 que la berline a été révélée au grand public, d’abord dans sa version la plus radicale portant le badge Quadrifoglio très apprécié des amateurs. Celle-ci avait alors été présentée le 24 juin 2015, date de l’anniversaire des 105 ans de la marque italienne. C’est un peu plus tard, à l’occasion du salon de Genève, que le reste de la gamme a finalement été présenté. La berline chasse ainsi sur les terres des Audi A4, BWM Série 3 et autres Peugeot 508, mais voilà qu’elle commence enfin à prendre un peu d’âge. Et c’est tout à fait normal, après plus de sept ans.
Pourtant, il est vrai qu’elle ne semble pas tellement avoir subi le passage du temps, alors que son design se veut tout à fait intemporel. D’autant plus qu’Alfa Romeo ne prévoit pas de nouvelle génération tout de suite. Même si cela était au départ prévu. Sauf qu’entre-temps, le groupe Stellantis a vu le jour, fruit de la fusion entre FCA et PSA, ce qui a chamboulé tous les plans des différents constructeurs impliqués. Le planning a donc été intégralement revu et la firme italienne a finalement annoncé qu’elle deviendrait 100 % électrique à partir de 2030. Un timing un peu trop court pour lancer une nouvelle génération tout de suite, qui n’aurait donc pas été rentable. Alfa Romeo a donc pris la décision de reporter celle-ci et d’offrir à sa Giulia un petit repoudrage à la place. Il faudra donc patienter jusqu’en 2027 pour voir arriver cette nouvelle mouture zéro émission.
Mais si cette nouvelle Alfa Romeo Giulia fait évoluer son style, quels sont les autres changements apportés par ce restylage tardif ? La berline premium est-elle toujours aussi agréable à conduire au quotidien ? Pour le savoir, nous avons eu la chance de pouvoir en prendre le volant, afin de la pousser dans ses retranchements et voir ce qu’elle vaut sur la route. Découvrez notre essai auto complet ci-dessous !
Extérieur et design de l’Alfa Romeo Giulia
L’Alfa Romeo Giulia n’est pas la seule voiture de la gamme à profiter d’un petit restylage. C’est en effet aussi le cas du Stelvio, avec lequel la berline partage beaucoup de points communs. Ainsi, les deux profitent notamment d’un faciès retravaillé. Bien évidemment, il ne faut pas s’attendre à des changements trop radicaux, puisque ceux-ci devraient plutôt arriver avec la prochaine génération. Néanmoins, rassurez-vous, les différences entre les deux versions sont bel et bien visibles, notamment au niveau de la partie avant. On découvre notamment une signature lumineuse retravaillée, qui offre à la berline un regard bien plus agressif qu’auparavant, sans trop en faire toutefois. Celui-ci puise alors son inspiration chez le Tonale et la superbe SZ Zagato, tandis qu’il profite désormais de la technologie Matrix selon la finition. On notera également l’arrivée de clignotants dynamiques, tandis que la calandre a elle aussi été légèrement redessinée.
Elle profite en effet d’un traitement différent de l’ancienne version, sans changer radicalement, comme le reste de la voiture. De profil, celle-ci n’évolue en effet pas d’un iota, alors qu’elle reste bien campée sur ses roues. À l’arrière, peu d’évolutions sont à noter, mais Alfa Romeo précise que le traitement des phares est légèrement différent entre la Giulia et le Stelvio, puisque les premiers optent pour une finition transparente alors qu’elle est fumée sur le SUV. Un petit détail, mais qui fait tout de même la différence lors de ce retirage. L’ensemble demeure toujours aussi réussi, alors que la berline oscille entre agressivité et élégance, grâce à ses lignes affirmées et son capot nervuré, entre autres. Les dimensions n’évoluent quant à elles pas, avec une longueur de 4,64 mètres pour 1,86 mètre de large et 1,44 mètre de haut. Plusieurs teintes de carrosserie sont proposées, dont le superbe Bleu Misano.
Poste de conduite et habitabilité de l’Alfa Romeo Giulia
Dans la majorité des restylages opérés par les constructeurs sur leurs voitures, le poste de conduite évolue assez peu. Et c’est une fois encore le cas sur cette Alfa Romeo Giulia, qui demeure très proche de l’ancienne version. Néanmoins, on note tout de même que le combiné d’instrumentation devient désormais numérique et se passe donc des aiguilles analogiques. Celui-ci possède une diagonale de 12,3 pouces et affiche toutes les données importantes pour la conduite. Il peut être personnalisé avec trois modes, connus sous les noms d’Evolved, Relax et Heritage et est associé à un écran tactile qui conserve le même design que la précédente mouture. Ce dernier intègre le système Alfa Connect se veut très complet et moderne. Quelques minutes d’adaptation et de prise en main seront néanmoins nécessaires. À noter qu’il est évidemment compatible avec Apple CarPlay et Android Auto, ce qui s’avère très pratique.
Globalement, la qualité perçue est très bonne à bord de la berline, même si l’on regrette tout de même que le poste de conduite soit aussi austère. En effet, nous aurions aimé un peu plus de folie, même s’il est possible d’opter pour un intérieur plus clair. Nous retrouvons des matériaux de bonne facture, avec notamment du cuir pleine fleur qui recouvre les sièges. Ces derniers offrent par ailleurs un grand confort ainsi qu’un excellent maintien, tandis que les réglages électriques offrent une grande amplitude pour tous les gabarits. En revanche, les places arrière ne sont pas forcément les plus spacieuses de la catégorie, tant en ce qui concerne l’espace à la tête qu’aux jambes. C’est tout de même dommage pour une voiture qui a des ambitions de grande routière. Le volume de coffre est quant à lui plutôt correct puisqu’il est affiché à 480 litres, malgré une ouverture assez peu pratique.
Que vaut l’Alfa Romeo Giulia sur la route ? Essai en conduite
Si de nombreux constructeurs, pour ne pas dire la grande majorité, ont décidé de tirer un trait sur les moteurs diesel, ce n’est étonnamment pas le cas d’Alfa Romeo. La marque croit encore à cette motorisation, qui n’a donc pas encore dit son dernier mot malgré sa mauvaise réputation. Ainsi, les clients qui opteraient pour une Alfa Romeo Giulia peuvent choisir le bloc 2,2 litres en version 160 et 210 chevaux. Il est également possible de privilégier l’essence, avec le 2,0 litres de 280 chevaux que l’on retrouve également sur le Stelvio. Dans tous les cas, vous remarquez qu’il n’y a aucune trace d’électrification, pas même un système 48 volts et encore moins d’hybridation rechargeable ou non. Mais quelle est la raison de ce choix, qui peut sembler assez étonnant de prime abord ? Eh bien tout simplement car Alfa Romeo va passer au tout-électrique à partir de 2027. Il ne serait donc pas bien utile de développer une technologie aussi coûteuse pour si peu de temps.
Il faudra donc patienter jusqu’à la prochaine génération pour que la berline devienne 100 % électrique. En attendant, nous avons donc choisi de prendre le volant de la version fonctionnant au gazole. Une variante qui plaira notamment aux professionnels, aux gros rouleurs ou encore aux gestionnaires de flotte d’entreprises. Bien évidemment, cette déclinaison est moins silencieuse qu’une voiture zéro émission, alors que le quatre cylindres se montre même un peu trop bruyant à notre goût au démarrage et lorsque l’on monte dans les tours. Néanmoins, l’un des principaux atouts de cette motorisation diesel reste son couple conséquent de 470 Nm ainsi que sa souplesse et son turbo, qui assure des relances franches et dynamiques. Il faut également savoir que notre version d’essai est équipée de la transmission intégrale Q4, qui n’est pas permanente. Cela signifie que la répartition de la puissance varie en fonction des besoins, et peut notamment être envoyée uniquement vers les roues avant dans certains cas.
De son côté, la boîte automatique à huit rapports est quant à elle très bien calibrée et les passages de rapports sont doux et effectués au bon moment. C’est d’ailleurs d’autant plus le cas lorsque le mode Sport est activé, celui-ci offrant une meilleure réactivité de la voiture dans son ensemble. On aime également les grandes palettes au volant agréables à prendre en main. Si la berline n’a pas du tout vocation à être sportive, elle distille tout de même de très bonnes sensations de conduite et se révèle bien plus amusante que la plupart de ses rivales actuelles. Et cela, on le doit notamment à son châssis aux petits oignons, qui nous rappelle celui de la Peugeot 308 de précédente génération. Ainsi, la voiture vire à plat et fait preuve d’une grande efficacité dans les virages. Le train avant est quant à lui très incisif, tandis que l’arrière se veut légèrement joueur, mais juste comme il faut.
Vous l’aurez donc compris, cette Alfa Romeo Giulia affiche un comportement globalement très plaisant, ce qui la rend à la fois adaptée pour une conduite de tous les jours ainsi que pour les virées plus dynamiques. De plus, son freinage est également mordant et plutôt endurant, à condition cependant de bien appuyer sur la pédale. En réalité, seul le rugissement très présent du moteur diesel nous rappelle que nous ne sommes pas réellement au volant d’une vraie sportive. Car son comportement le laisserait penser, avec son agilité. Dommage que le diamètre de braquage soit un peu grand. On aime cependant le calibrage de l’amortissement, parfait compromis entre confort et dynamisme. La consommation est quant à elle raisonnable, avec une moyenne annoncée à 5,3 litres aux 100 kilomètres. Attention, car avec ses 148 grammes de CO2, la Giulia écope d’un malus écologique de 1 276 euros à l’achat.
Notes et avis sur l’essai de l’Alfa Romeo Giulia
| Catégorie | Note sur 5 | Avis Caroom |
|---|---|---|
| Esthétique | ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ | Malgré son âge, la berline fait encore tourner les têtes, comme nous l’avons vu durant notre essai ! |
| Conduite | ⭐️⭐️⭐️⭐️ | Malgré un diesel bruyant, les sensations sont très convaincantes, avec une vraie agilité. |
| Praticité | ⭐️⭐️⭐️⭐️ | Les passagers sont bien installés, même si le coffre reste encore un peu petit pour certains besoins. |
| Rapport Qualité/Prix | ⭐️⭐️⭐️ | Avec un prix à partir de 47 450 euros, la Giulia est un peu chère, notamment de par ses lacunes technologiques ! |
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Bilan de notre essai de l’Alfa Romeo Giulia
Si la berline accuse un léger retard sur le plan technologique, en raison notamment de son âge assez avancé, elle compense par un comportement aux petits oignons, à la fois sain et amusant. Ce qui est très rare pour une voiture généraliste, d’autant plus avec une motorisation diesel. Car l’Alfa Romeo Giulia croit toujours à cette motorisation, au contraire de la plupart de ses rivales. Un bon point qui lui permet de se distinguer sur un marché très concurrentiel, même si les berlines sont aujourd’hui de moins en moins nombreuses, au profit des SUV. Notre modèle d’essai tire son épingle du jeu, avec d’excellentes prestations, ainsi qu’un design toujours très flatteur.
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