Essai de la Maserati Ghibli hybride : électrification à l’italienne

Essai auto de la Maserati Ghibli hybride

Alors qu’elle doit également se conformer aux normes en vigueur, la Maserati Ghibli passe à son tour à l’hybride avec un inédit système 48 volts. Découvrez notre essai auto de la Maserati Ghibli hybride.

Vous le savez sans aucun doute, mais ces dernières années, la tendance est plus que jamais à l’électrification massive et aucun constructeur ne semble pouvoir y échapper. Car si pendant un temps, ce type de motorisation était réservée à des véhicules et des marchés très spécifiques, tout le monde y arrive finalement, que ce soit de gré ou de force, tandis que les pouvoirs publics font tout pour réduire la part des moteurs thermiques. En effet, les normes environnementales s’avèrent quant à elles de plus en plus strictes se traduisant alors entre autres par des interdictions de circulation dans les grandes villes, ainsi que par un malus écologique de plus en plus punitif. Et désormais, plus personne n’est épargné, pas même les marques haut de gamme et de luxe, qui sont elles aussi contraintes de se plier aux exigences des instances européennes. Et sans surprise, Maserati ne fait évidemment pas exception et n’a d’autres choix que d’évoluer pour survivre. C’est donc à l’occasion du restylage de la Ghibli que la firme italienne a décidé de lui offrir une nouvelle motorisation hybride, plus vertueuse.

Car si plusieurs marques ont de leur côté annoncé leur volonté de devenir 100 % électriques dans les années à venir. Une décision que n’a pas encore pris Maserati, qui se donne le temps et qui croit encore beaucoup au thermique pour l’instant. C’est sans aucun doute ce qui explique la volonté de la marque de ne pas équiper tout de suite sa Ghibli d’une vraie hybridation rechargeable ou non, au profit d’un système plus léger avec un système 48 volts. Il faudra donc s’en contenter pour l’instant, mais il s’agit cependant d’une belle avancée pour la marque de Modène, qui ne jurait jusqu’alors que par le thermique. Mais la firme ne compte pas s’arrêter là, alors qu’elle prévoit par la suite de lancer une version 100 % électrique de sa toute nouvelle supercar, la MC20. Mais alors, pourquoi ne pas avoir choisi une vraie hybridation rechargeable, déjà présente au sein du groupe FCA ? Tout simplement, car ce dispositif aurait nécessité pas mal d’adaptations du châssis, ce qui aurait coûté pas mal d’argent à la marque.

Pour aller plus vite, la firme au Trident a donc opté pour le quatre cylindres de l’Alfa Romeo Giulia, qui embarque lui aussi un système hybride léger 48 volts. Mais ce moteur est-il vraiment bien adapté à cette Ghibli ? Ne risque-t-il pas de tuer le plaisir au volant ? C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant son volant le temps d’un week-end, afin de nous assurer que cette version reste toujours une vraie Maserati.

Extérieur et design de la Maserati Ghibli hybride

Avant toute chose, mettons-nous d’accord tout de suite : les productions de la marque italienne en imposent sur la route et cette Ghibli ne fait pas exception. Car nous l’avons remarqué durant notre essai, nombreuses sont les têtes à s’être tournées sur notre passage. Bien sûr, le logo y fait beaucoup, mais la berline dégage une telle prestance qu’il est tout bonnement impossible d’y rester insensible. Effectivement, cela demeure tout à fait subjectif, mais on ne peut qu’avouer que Maserati a fait du très bon travail, notamment sur la face avant, comme taillée à la serpe. On apprécie en effet ses optiques acérées et sa calandre très anguleuse, au centre de laquelle trône bien sûr le fameux trident. Les larges prises d’air ainsi que le capot plongeant confèrent quant à eux une certaine sportivité à l’auto, tandis que le bouclier a quant à lui profité d’un très léger coup de crayon avec le restylage. Rien de bien dépaysant pour autant, alors qu’à l’arrière, les évolutions se concentrent autour des feux, plus allongés.

Seul le profil paraît quelque peu déséquilibré, la faute à un porte-à-faux arrière trop court par rapport à l’avant. Rien de trop grave pour autant, puisque cette Maserati Ghibli reste toujours très agréable à admirer. L’honneur est sauf ! Il faut dire que l’auto en impose aussi par son gabarit, plutôt généreux, avec une longueur affichée à 4,97 mètres pour une largeur de 1,94 mètre. Un beau bébé qui ne sera donc pas toujours aisé à manœuvrer dans les rues les plus étroites, mais qu’importe. Comme beaucoup de modèles électrifiés, cette Maserati Ghibli veut, elle aussi, montrer qu’elle est une amie de la nature, sans pour autant trop en faire. Seuls quelques discrets détails bleus trahissent donc la motorisation mild-hybride de la berline, que ce soit au niveau des étriers de freins, mais également sur les ouïes latérales. Et c’est à peu près tout. Après tout, c’est discret, mais y a-t-il vraiment besoin de trop en faire, alors que la voiture est déjà très voyante avec ses lignes acérées ? C’est sans doute aussi pour cela que la marque a choisi des couleurs très sobres dans son configurateur, privilégiant alors le noir, le blanc et le gris.

Poste de conduite et habitabilité de la Maserati Ghibli hybride

Désormais, il est temps de prendre place à bord de la grande berline haut de gamme, qui a également profité de quelques évolutions à l’intérieur, restylage oblige. Bien sûr, il ne faudra pas s’attendre à des changements radicaux, mais plutôt à de petites retouches, afin de ne pas dépenser trop d’argent et de ne pas trop perturber la clientèle. Pas étonnant donc que la présentation générale ne change pas vraiment, bien que quelques améliorations restent cependant à noter. Parmi elles, l’arrivée d’un tout nouvel écran tactile un peu plus grand, qui passe alors de 8,4 à 10,1 pouces. Celui-ci est plus moderne et offre une meilleure lecture des informations, ainsi qu’une plus grande praticité dans son ensemble. Globalement, le système d’info-divertissement est plutôt bien fait, et offre une ergonomie plus que correcte, sans pour autant être le standard sur le marché. On regrettera en revanche l’absence de combiné d’instrumentation numérique, très décevante pour une voiture aux ambitions aussi haut de gamme. Il faudra ainsi se contenter de deux compteurs analogiques ainsi que d’un petit écran central très classique dans cette berline qui ne révolutionne donc pas le marché en termes de technologie.

Lorsque l’on regarde le poste de conduite de cette Maserati Ghibli, on constate que la qualité perçue est plutôt bonne, bien qu’elle aurait encore pu être améliorée avec une présentation plus moderne. Celle-ci semble en effet assez datée par rapport à ce qui se fait actuellement sur le marché et c’est dommage. Mais dans l’ensemble, l’intérieur s’avère plutôt correct et reste toujours très haut de gamme, faisant alors appel à des matériaux qui le sont également. Sans surprise, le cuir est partout dans ce poste de conduite, en version pleine fleur, bien évidemment. Celui-ci est alors associé à la soie Ermenegildo Zegna, une marque de luxe italienne avec laquelle Maserati collabore depuis de longues années déjà. Le tout crée alors une ambiance feutrée et très raffinée, très appréciable. Mais cette Ghibli n’est bien sûr pas exempte de tous reproches, bien évidemment. Et le principal que l’on pourrait lui faire concerne l’habitabilité, toujours trop limitée malgré son grand gabarit, même si le conducteur et son passager sont quant à eux bien installés. Enfin, le coffre affiche quant à lui un volume de 500 litres, ce qui reste plutôt correct pour la catégorie, sans être très spacieux.

Que vaut la Maserati Ghibli hybride sur la route ? Essai en conduite

Après toutes ces considérations purement esthétiques et pratiques, il est désormais temps de démarrer le moteur de l’auto. Mais avant toute chose, il faut savoir que si cette version hybride s’avère sans doute celle dont on parle le plus actuellement, la Ghibli restylée se décline en plusieurs motorisations, dont la Q4 et la très radicale Trofeo, qui embarque alors un V8 développant quelque 580 chevaux. Autant dire que la gamme est donc plutôt bien remplie et répond alors à des besoins très différents. Pour notre part, nous avons donc souhaité tester la déclinaison micro-hybride incarnant alors l’entrée de gamme et c’est à son volant que nous avons passé quelques jours, le temps de bien l’appréhender. L’occasion de découvrir une alternative totalement inédite, alors que la marque a toujours privilégié les moteurs thermiques dans son catalogue. La berline hérite donc du quatre cylindres 2,0 litres essence turbo de l’Alfa Romeo Giulia, développant alors 280 chevaux. Mais désormais enrichi d’un système 48 volts, ce bloc voit alors sa puissance totale passer à 330 chevaux, pour un couple de 450 Nm, permettant d’abattre le 0 à 100 km/h en 5,7 secondes.

Des performances similaires au V6 que ce quatre cylindres hybride remplacera dans les années à venir, ces chiffres étant alors sans doute le seul point commun entre ces deux moteurs. Car celui-ci distille assurément une certaine noblesse que le quatre cylindres, aussi intéressant soit-il, n’a pas. Cependant, sa souplesse et sa discrète sonorité le rendent tout à fait sympathique et agréable pour conduire au quotidien, sans parle de sa sobriété nettement supérieure, que l’on doit à sa cylindrée plus petite, ainsi qu’à son système hybride. Bien évidemment, cette toute nouvelle motorisation au sein de la gamme, le tout premier quatre cylindres chez Maserati, n’a pas vraiment la fougue des moteurs en V. Il s’appréciera donc logiquement plus à un rythme plus doux ou sur de longs trajets autoroutiers, qui seront alors des plus agréables. Car ne l’oublions pas, cette Maserati Ghibli hybride reste avant tout une GT et n’a pas vraiment vocation à être une voiture de sport à proprement parler, bien qu’elle demeure relativement dynamique tout de même.

L’amortissement piloté est de son côté très performant, permettant alors à la berline d’assurer un grand confort pour ses passagers, et ce même à très haute vitesse. Un vrai atout, de même que la boîte automatique ZF à huit rapports, qui sera quant à elle plus à l’aise en conduite coulée. Si son gabarit n’aide pas forcément à la maniabilité, on appréciera en revanche la direction très souple et informative. En revanche, le système micro-hybride n’a quant à lui pas d’impact sur la conduite et ne semble pas non plus en avoir sur la consommation, alors annoncée à 8,1 litres en cycle mixte. Une valeur plutôt correcte, à condition d’adopter un rythme modéré, au risque d’atteindre facilement les 15 l/100 km. Mais en réalité, et aussi dynamique soit elle, cette Ghibli ne nous donne pas vraiment envie de faire des folies, mais plutôt de partir en vacances à l’autre bout de la France. Il n’empêche que lorsque l’on commence à augmenter le rythme, la berline sait aussi suivre la cadence, même si l’usage des palettes au volant reste fortement recommandé pour ne pas être trop bridé par la boîte.

Il faut bien l’avouer, il est tout de même très difficile de résister à la tentation d’écraser la pédale de droite de cette Ghibli. Après, tout, c’est bien une Maserati ! Il est donc maintenant temps de voir ce que celle-ci a vraiment sous le capot en activant le mode Sport, qui nous faisait de l’œil depuis un moment. Pour rappel, celui-ci agit sur la fermeté de la direction, sur la suspension pilotée, ainsi que sur la réponse de la boîte ainsi que de l’accélérateur. Sans forcément créer un changement très radical, cette configuration permet à la voiture de gagner en dynamisme et en agilité, à l’aide de son amortissement un peu plus ferme, sans être inconfortable pour autant. Globalement, la berline se comporte plutôt bien en conduite sportive, grâce notamment au différentiel auto bloquant mécanique, qui rattrape également les petits excès de confiance du conducteur, notamment dans les courbes. On pourrait néanmoins critiquer la prise de roulis légèrement trop importante à notre goût, à cause du tarage très souple des suspensions. Il faudra donc se tourner vers d’autres versions plus sportives pour résoudre ce petit problème, mais dans l’ensemble le comportement s’avère plutôt satisfaisant.

Notes et avis sur l’essai de la Maserati Ghibli hybride

Catégorie
Note sur 5
Avis Caroom
Esthétique
⭐️⭐️⭐️⭐️
Très équilibrée, la Ghibli est toujours une réussite !
Conduite
⭐️⭐️⭐️⭐️
Une belle polyvalence qui fait de l’Italienne une excellente alternative.
Praticité
⭐️⭐️⭐️
Dommage, l’habitabilité pourrait être améliorée.
Rapport Qualité/Prix
⭐️⭐️⭐️
Si son prix est un peu élevé, les prestations sont à la hauteur !

Bilan de notre essai de la Maserati Ghibli hybride

Avant tout, il convient de garder en tête que cette Maserati Ghibli hybride n’est en aucun cas une sportive pure et dure, mais bien une GT plutôt destinée à tailler la route. Il est donc important de la considérer comme telle, et c’est surtout sur autoroute qu’elle sera le plus à son aise, ainsi que lors des trajets du quotidien, malgré son grand gabarit. En effet, un important travail a notamment été fait sur les suspensions, permettant alors de faire voyager les occupants dans le confort le plus total. Mais attention, cela ne signifie pas pour autant que la berline ne sait pas se montrer dynamique, bien au contraire ! Et si les sensations sont très feutrées, l’auto se montre tout de même performante, même si la poussée du quatre cylindres reste très linéaire. Profitant d’un intérieur toujours très haut de gamme, cette Ghibli pâtit néanmoins d’une habitabilité assez décevante pour une voiture de sa catégorie. Mais il n’empêche que cette déclinaison a le mérite d’exister et qu’elle répondra à de très nombreux besoins, constituant également une très bonne alternative aux stars allemandes du marché.

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Julie
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