Essai de l’Audi e-tron GT : les anneaux passent à l’électrique

Essai auto de l'Audi e-tron GT

Audi lance sa nouvelle e-tron GT, qui n’est autre que la cousine technique de la Porsche Taycan. Nous en avons pris le volant dans ses versions Quattro et RS. Découvrez notre essai auto de l’Audi e-tron GT.

Quelques années auparavant, la voiture électrique était loin d’être quelque chose de vraiment séduisant, tant sur le plan esthétique qu’en termes d’agrément de conduite. Longtemps vue comme réservée aux écolos, cette motorisation n’avait pas franchement le vent en poupe. Mais au fil du temps, les technologies se sont considérablement améliorées, de même que le style, donnant vie à des modèles bien plus sexy et donnant alors bien plus envie aux clients. On peut évidemment citer les créations de Tesla, premier constructeur à proposer des véhicules zéro-émission élégants et performants. Mais depuis, de nombreuses autres marques se sont également engouffrées dans ce segment de plus en plus développé, alors que les normes sont quant à elles toujours plus strictes. C’est donc dans ce contexte que sont nés des modèles tels que les Honda E et autres Porsche Taycan, différents, mais avec un point commun, celui d’être très séduisant chacun à sa manière. Mais une autre auto vient jouer les trouble-fêtes : l’Audi e-tron GT, qui elle aussi fait tourner les têtes avec son look de concept-car et ses performances de haut vol.

Car cette nouvelle venue dans la gamme signifie également l’arrivée de la marque sur un segment inédit, celui des sportives électriques. Enfin, pas tout à fait, puisqu’en 2020 déjà, la firme avait fait une première tentative assez infructueuse avec l’Audi R8 e-tron, elle aussi 100 % électrique, produite en très petite série entre 2012 et 2013 uniquement à des fins de développement. Ce n’est qu’en 2015 qu’elle fut vendue au public avec une 2e génération, qui fut un échec cuisant, tandis qu’elle n’était visible ni en concessions ni sur le configurateur, alors qu’aucune communication n’avait été faite à son sujet. Pour rappel, le V8 avait été remplacé par deux moteurs électriques, développant alors 462 chevaux cumulés. Sans doute que la marque aux anneaux était trop en avance sur son temps, toujours est-il que le résultat ne fut pas à la hauteur. Mais nul doute que cette nouvelle Audi e-tron GT devrait connaître un succès plus important, à l’heure où l’électrique a de plus en plus le vent en poupe. Et puis en théorie, cette nouvelle arrivante possède de nombreux arguments pour séduire, au moins sur le papier. Et en vrai ?

C’est donc pour cela que nous avons voulu prendre le volant de la nouvelle berline électrique, dans sa version Quattro, mais également RS, afin de savoir ce qu’elle a vraiment sous le capot et surtout, si elle s’avère aussi polyvalente qu’elle veut le laisser croire.

Extérieur et design de l’Audi e-tron GT

Si vous vous intéressez à l’actualité automobile, vous n’êtes pas sans savoir que cette nouvelle Audi e-tron GT partage sa base technique avec celle de la Porsche Taycan déjà commercialisée depuis l’année dernière. Pourtant, sur le plan esthétique, rien ne permet de distinguer le moindre lien de filiation entre les deux autos, tant elles arborent des lignes différentes. En fait c’est bien simple, elles n’ont absolument rien à voir du tout, chacune reprenant les spécificités de sa marque. En effet, chez Porsche, les designers ont puisé leur inspiration dans le style de la Porsche Panamera et de la 911, tandis que du côté d’Audi, on reprend plutôt des gimmicks déjà bien connus depuis de longues années. Parmi eux, citons entre autres la calandre Singleframe, ici revue pour donner à la berline électrique un style plus spécifique, en étant notamment peinte couleur carrosserie ou au contraire, d’une couleur plus contrastante. Bien évidemment, le choix d’un style aussi original ne plaira pas forcément à tout le monde, mais cela ne manquera en revanche pas d’attirer les regards, comme nous avons pu le constater lors de notre essai. Mais c’est selon nous surtout vu de derrière que la berline est la plus réussie, avec sa nouvelle signature lumineuse et son imposant diffuseur.

De profil aussi, cette Audi e-tron GT est très réussie, avec sa ligne élégante que l’on doit, entre autres, à son toit incliné et à sa ligne de toit fuyante. Les observateurs les plus avertis pourront éventuellement déceler une très légère filiation avec la Porsche Taycan au niveau de la partie haute, mais cela demeure cependant très subtil, alors que le reste des traits n’a absolument rien à voir entre les deux cousines techniques. Affichant une belle longueur d’environ cinq mètres, cette nouvelle Audi e-tron GT est plutôt imposante, mais profite d’un centre de gravité très bas, lui offrant un excellent dynamisme. Durant notre prise en main, qui aura duré deux jours, nous avons eu le privilège de tester les deux versions de la berline, à savoir la déclinaison d’entrée de gamme Quattro, ainsi que la RS, bien plus performante. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, les différences sont assez minimes entre les deux variantes sur le plan esthétique, celles-ci étant quasiment identiques. Seuls les logos permettent en effet de faire la différence, de même que les jantes de série. Est-ce un avantage ou un inconvénient ? Cela dépendra sans aucun doute des clients.

Poste de conduite et habitabilité de l’Audi e-tron GT

Une fois que nous avons pu découvrir l’extérieur de cette Audi e-tron GT, il est désormais temps de s’installer à son bord. Et contrairement aux lignes plutôt originales et totalement inédites par rapport au reste de la gamme, le poste de conduite de la berline se veut quant à lui bien plus conventionnel et classique. Au risque de décevoir ceux qui s’attendaient à un peu plus d’exclusivité ? Sans aucun doute, alors que nous aurions pu nous attendre à découvrir un intérieur légèrement plus spécifique, comme Porsche l’a notamment fait avec sa Taycan. Mais attention, ce n’est pas pour cela que l’habitacle de cette e-tron GT est forcément critiquable, bien au contraire. Car celui-ci s’inscrit en effet dans la continuité de ce que nous propose la marque depuis des années, avec une belle présentation et une excellente qualité perçue, comme toujours. En bref, la berline conserve les standards de la marque et fait honneur à sa réputation, avec ses assemblages et ses matériaux très qualitatifs. C’est un fait, l’ensemble s’avère très agréable à regarder. Et le confort n’est pas en reste, bien que les passagers à l’arrière puissent cependant se sentir un peu à l’étroit tout de même, en raison de la garde au toit assez basse.

Une chose saute aux yeux lorsque l’on s’installe dans cette Audi e-tron GT : son bagage technologique. C’est bien simple, tout est high-tech dans cet habitacle, qui s’offre un large écran tactile de 10,1 pouces accueillant un système MMI très performant. Celui-ci est alors associé à un combiné numérique de 12,3 pouces baptisé Audi Virtual Cockpit, personnalisable et affichant toutes les données relatives à la conduite. Parmi elles, citons entre autres la navigation et la piste audio en cours, ainsi que la consommation électrique. Le tout avec des graphismes très clairs et tout à fait dans l’air du temps, on adore ! Vous l’aurez donc compris, l’ensemble est très contemporain et techno, sans forcément être aussi futuriste que dans la Porsche Taycan, qui accueille beaucoup plus d’écrans, pas forcément tous indispensables. Les deux cousines possèdent donc des philosophies bien distinctes, qui permettent de bien les différencier et de mieux orienter son choix. Enfin, avec son empattement de 2,90 mètres, l’Audi e-tron GT est plutôt habitable et profite d’un bel espace à bord. En revanche, petit bémol pour le coffre, avec son volume de 350 litres seulement, associé à un rangement de 85 litres à l’avant.

Que vaut l’Audi e-tron GT sur la route ? Essai en conduite

Comme nous vous l’avons brièvement expliqué un peu plus tôt dans cet essai, la nouvelle Audi e-tron GT se décline en deux versions bien distinctes, s’adaptant à tous les besoins : la Quattro, incarnant l’entrée de gamme et la RS, bien plus sportive et dynamique. Mais contrairement à leur grande ressemblance sur le plan esthétique, ainsi que leur base technique commune, ces deux déclinaisons sont en fait très différentes et n’ont pas du tout le même tempérament. Reposant sur la plateforme J1 initialement développée par Porsche pour sa Taycan, la berline aux anneaux reprend donc certaines caractéristiques de sa cousine et notamment son architecture 800 volts. Celle-ci permet alors d’offrir des performances plus hautes, tout en réduisant le poids ainsi que le temps nécessaire à la recharge. Celle-ci peut être effectuée à une puissance allant jusqu’à 270 kW, ce qui permet alors de passer de 5 à 80 % d’autonomie en seulement 23 minutes. Mais après toute cette théorie, il est désormais temps de démarrer la berline électrique et de prendre le volant des deux versions, afin de vraiment prendre la mesure de leurs différences une fois sur la route.

C’est donc avec le mode Confort que notre prise en main débute, d’abord derrière le volant de la version Quattro, la moins puissante. Et première bonne surprise, la présence des quatre roues directrices, qui nous sont d’une grande aide pour sortir du parking très étroit de l’hôtel d’où débute ces essais. Une option qui fait cependant partie intégrante du pack Dynamique, pour lequel il faudra ajouter 5 400 euros à la facture finale, mais qui s’avère quasiment indispensable, rendant alors l’auto ultra maniable. C’est bien simple, elle peut se faufiler presque partout, même dans les ruelles étroites des villages provençaux. On appréciera également le typage très souple de la suspension, qui rend l’auto très confortable en toutes circonstances et quelle que soit la version choisie. Sans surprise, c’est surtout sur les voies rapides que ce confort sera le plus appréciable, rendant alors la berline électrique idéale pour faire de longs trajets. Un vrai avantage pour cette e-tron GT, qui profite également d’une excellente insonorisation, même à haute vitesse. Il faudra donc bien surveiller sa vitesse, au risque de se faire surprendre et de perdre quelques points sans même s’en rendre compte. Par ailleurs, son autonomie oscillant entre 472 et 488 kilomètres en font une routière de choix, avec une consommation plutôt raisonnable, affichée à 21 kWh durant notre essai.

Mais rassurez-vous tout de suite, cette e-tron GT sait se montrer très dynamique et reste avant tout une vraie Audi, et ce qu’elle soit en version Quattro ou RS. Si son poids dépassant allègrement les deux tonnes peut constituer un petit inconvénient, se faisant parfois ressentir en conduite dynamique, la berline reste plutôt agile pour son gabarit. Si l’on apprécie la prise de roulis quasiment inexistante, on pourrait cependant reprocher la direction un peu trop légère, et ce même une fois le mode Sport activé, limitant alors la remontée d’informations sur l’adhérence. Un petit défaut qui nous aura joué quelques tours durant notre essai… Mais globalement, le comportement routier s’avère très bon, et ce même sur des routes très sinueuses, sans toutefois que la berline soit aussi agile qu’une Mazda MX-5 non plus, évidemment. Mais l’Audi e-tron GT séduit d’une autre manière et notamment grâce à son accélération, avec un 0 à 100 km/h réalisé en seulement 3,3 secondes pour la version RS coiffant la gamme, soit un dixième de plus que la Taycan Turbo. De quoi ridiculiser n’importe quelle sportive, le tout dans le silence le plus total… ou presque !

Si l’Audi e-tron GT Quattro est déjà une véritable bombe sur roues, les conducteurs avides de sensations et de performance se tourneront plus volontiers vers la version RS, au caractère bien plus sportif. En effet, celle-ci profite de nombreuses améliorations techniques la rendant encore plus dynamique, laissant cependant la sportivité plus extrême à la Porsche Taycan Turbo S. Une stratégie tout à fait assumée de la part de la marque d’Ingolstadt, qui n’a néanmoins pas souhaité rendre son e-tron GT pépère, au contraire. Car cette version RS n’est pas vraiment venue là pour faire de la figuration, bien au contraire. En effet, celle-ci profite d’un centre de gravité abaissé, ainsi que d’un différentiel sport installé sur l’essieu arrière, offrant alors une agilité et une motricité optimale dans les virages, quelles que soient les circonstances. Et cela n’a rien de gadget, car on sent en effet que cette version affiche un caractère encore plus sain que la Quattro. En revanche, si cette variante est livrée de série avec les freins en acier à six pistons, il est indispensable de cocher l’option carbone-céramique pour profiter d’un freinage plus mordant.

Notes et avis sur l’essai de l’Audi e-tron GT

Catégorie
Note sur 5
Avis Caroom
Esthétique
⭐️⭐️⭐️⭐️
Si son style peut en surprendre certains, l’ensemble est plutôt réussi !
Conduite
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Moins sportive que la Porsche Taycan, l’Audi e-tron GT fait la part belle à la polyvalence.
Praticité
⭐️⭐️⭐️⭐️
Plutôt spacieuse, la berline pâtit cependant d’un coffre un peu trop étroit.
Rapport Qualité/Prix
⭐️⭐️⭐️⭐️
Avec un prix de départ dépassant les 100 000 euros, l’e-tron GT n’est pas donnée, mais les prestations valent le détour !

Bilan de notre essai de l’Audi e-tron GT

Contrairement à ce que nous aurions pu croire, cette Audi e-tron GT est loin d’être une simple copie de la Porsche Taycan, malgré que les deux partagent une base commune. À la fois routière confortable et berline ultra dynamique, cette nouvelle venue dans la gamme possède de multiples facettes qui se révèlent au fil de la route. Très techno, la berline électrique a tous les atouts pour séduire les plus réfractaires, bien qu’elle ne soit pas exemptée de défauts, à commencer par son poids, un poil élevé. Mais dans l’ensemble, l’auto offre de très bonnes prestations et seul son prix pourrait dissuader les éventuels intéressés.

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Julie
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