Essai Mercedes CLA : gueule d’enfer

Essai du Mercedes CLA

La recette des berlines profilées façon coupé fait des adeptes. Mercedes l’a bien compris en sortant son CLS au milieu des années 2000, et ne s’est pas privé de décliner le concept à sa plus petite Classe A. Nous avons prit le volant du Mercedes CLA pour en faire un essai automobile.

Une Mercedes, mais un CLA. La raison cette appellation masculine pour le moins inhabituelle sur une berline ? Mercedes le définit comme un « coupé 4 portes ». On vous l’accorde, c’est étrange et va à l’encontre de ce que l’on qualifie normalement de coupé, à savoir une auto à 3 portes. Mais le marketing a fait son œuvre et ces berlines profilées sont depuis largement intégrées dans le paysage automobile. Mercedes CLS, Volkswagen Arteon, BMW Série 4 et 8 Gran Coupé ou même Hyundai I30 Fastback, les coupé 4 portes sont désormais monnaie courante. Et au-delà de toute considération pratique, tous ces modèles ont un point en commun : miser gros sur le style.

Extérieur et design du Mercedes CLA

Quelle gueule ! Peu importe l’angle sous lequel on le regarde, le CLA est d’une classe folle. A la fois agressif et sensuel, il fait facilement tourner les têtes sur son passage. On ne compte plus les pouces levés et les sourires rencontrés pendant la durée de notre essai. Sur la finition AMG Line comme ici, les pare-chocs sont en outre un peu plus agressif mais au global, le design reste très fin et élégant. Et ce n’est pas une mince affaire avec une auto rouge pompier. Ajoutez-y de belles jantes de 19 pouces, très exposées aux trottoirs mais ô combien esthétiques, et vous obtenez une cocktail détonnant qui aimante les regards.

Alors que la première génération de CLA n’était pas des plus esthétiques, la nouvelle amène avec elle des proportions parfaitement maîtrisées. Avec 1,83 m de large et 4,69 m de long, le CLA joue clairement dans la cours des grands, et mesure carrément 27 cm de plus que la compacte Classe A sur laquelle il se base (voir notre essai Classe A). En fait, il égale une Classe C en longueur !

Poste de conduite et habitabilité

Mais malgré sa taille, le CLA n’est pas des plus logeables à l’intérieur. La raison de ce constat est très simple : l’empattement est absolument identique à celui d’une Classe A (2,73 m). Quand on vous dit que le style prend le pas sur tout le reste ! Les passagers avant sont bien lotis, mais ceux qui s’assoient à l’arrière doivent composer avec une hauteur limitée et de petites fenêtres dues à la ligne de toit fuyante. De plus, sur les versions AMG Line, la visibilité vers l’avant est limitée en raison des imposants sièges semi-baquets avec appuie-tête intégrés. Ces derniers sont sublimes, maintiennent efficacement, mais sont malheureusement très fermes.

Difficile de faire la fine bouche en ce qui concerne la présentation intérieure, en revanche. Le dessin très simpliste est habilement contrebalancé par deux écrans juxtaposés qui misent sur le côté technologique pour séduire. Entre le style minimaliste mais moderne, les aérateurs ronds et très travaillé ou encore le volant bien dessiné, difficile de ne pas se sentir à bord d’une voiture d’un segment bien supérieur. Le système d’infodivertissement MBUX est à la pointe et intègre entre autres une fonction de réalité augmentée pour le GPS, un assistant vocal efficace, un affichage tête haute complet… En piochant dans les options, celle qui n’est finalement qu’une compacte stylisée peut clairement recevoir des équipements très haut de gamme.

Et alors que la plupart des constructeurs enlèvent leurs molettes de contrôle pour se focaliser sur les écrans tactiles, Mercedes propose de piloter le MBUX via l’écran, ou bien à l’aide d’un pad tactile bien conçu sur le tunnel central, ou encore avec la petite zone tactile située sur la branche droite du volant. Loin de n’être qu’un gadget, cette possibilité de naviguer dans les menus de trois façons différentes permet à tout le monde de s’y retrouver et surtout de garder les deux mains sur le volant pendant la conduite. Une réussite !

Que vaut le Mercedes CLA sur la route ? Essai en conduite

Notre CLA 200 reprend le 4-cylindres 1.3 turbo partagé avec Renault et Nissan. Il affiche ici 163 ch et fait preuve d’un bel entrain pour mouvoir les 1 400 kg de l’étoile allemande. Il est assez peu démonstratif et souffre d’une sonorité un peu banale que l’on aurait aimé un peu plus travaillée pour coller avec le style belliqueux du CLA, mais il n’y a finalement pas grand chose à lui reprocher. Il est aussi relativement sobre, avec 7,5 l/100 km de moyenne relevée lors de l’essai. De son côté, la boîte 7G-DCT à double embrayage est douce la plupart du temps, si l’on excepte quelques à-coups au rétrogradage, à basse vitesse. Elle n’est pas extrêmement rapide quand on vise la performance mais reste assez réactive au quotidien.

Question châssis en revanche, ce n’est pas tout à fait la même. Notre modèle était équipé de la suspension pilotée, mais cette dernière peine à trouver un bon compromis entre confort et dynamisme. En mode normal, le CLA est assez lâche en suspension et a du mal à ralentir les mouvements verticaux, surtout avec des grandes jantes, ce qui se traduit pas une souplesse un peu exagérée et une filtration perfectible des chocs en milieu urbain. Le problème est un peu amélioré en mode sport, mais on arrive quand même en butée de suspension sur certaines compressions alors même que l’on évolue à allure légale, tandis que les petites aspérités du bitume remontent alors très perceptiblement dans les sièges fermes. Il ne manque pas grand chose au CLA pour atteindre un bon équilibre, mais curieusement les versions AMG 35 et 45S semblent plus homogènes. Elles sont raides, c’est assumé, mais au moins la sportivité dont elles font preuve est gratifiante.

Note et avis sur l’essai Mercedes CLA

CatégorieNote sur 5 Avis Caroom
Esthétique⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️Carton plein sur le plan du style. Le CLA est élégant, raffiné, bien proportionné, bref, on adore.
Conduite⭐️⭐️Dommage que le compromis confort/dynamisme ne soit pas atteint sur les versions non sportives. Le 1.3 du CLA 200 est en revanche efficace, à défaut de déclencher le grand frisson.
Praticité⭐️⭐️⭐️Il serait presque mesquin de noter la praticité d'une auto qui n'a cure de se montrer habitable. On ose se faire l'avocat du diable ? Transporter ponctuellement des passagers arrière dans un coupé, c'est la classe, non ?
Rapport Qualité/Prix⭐️⭐️⭐️Pour peu que l'on passe sur le châssis perfectible, le CLA a tout pour plaire, entre un style ravageur et une technologie à la pointe.

Bilan de notre essai du CLA

On aurait voulu l’adorer, ce CLA, mais on ne peut nier cette pointe de déception qui nous envahit quand on pense à son amortissement piloté qui manque le bon compromis. Est-ce au moins une affaire ? Pas vraiment. Le prix d’appel est raisonnable, puisqu’à 35 650 € on accède à une voiture au look singulier et à la présentation intérieur assez qualitative, avec un bloc de 136 ch. Mais de son côté, une BMW 218i Gran Coupé (140 ch) démarre à 31 150 €. Pour notre CLA 200 AMG Line,il faudra toutefois pousser jusqu’à 41 550 € avant de plonger dans la catalogue d’option. A finition équivalente, la 218i Gran Coupé (puissance la plus proche disponible en essence) s’échange à partir de 39 800 € avec la boîte à double embrayage. Le CLA reste donc avant tout un achat plaisir qui ravira ceux pour qui le style prend le pas sur tout le reste, mais qui laissera sur leur faim les amateurs de conduite qui misent tout sur le plaisir au volant. Pour ces derniers, c’est vers les version AMG 35 et 45S qu’il faut se tourner !

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Publié par
Jay Cee
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